Les chapitres IV à IX de l'évangile de Luc sont rythmés de repères chronologiques liés au sabbat, ce jour où la lecture de la Torah est faite à la synagogue .

Il a paru intéressant de reporter ces repères sur le calendrier liturgique qui commence en Nisan , mois du printemps, et de voir si  l'enseignement donné par Jésus offrait une correspondance avec  les lectures hebdomadaires de la Torah faites à la synagogue.
Le résultat?
Captivant!
Non seulement  les parallèles  entre   les textes bibliques et les faits et gestes de Jésus sont parlants, mais le recoupement avec plusieurs sabbat de l'année 29 paraissent significatifs .
Les épisodes  se répartissent sur les neuf semaines qui suivirent la néoménie du mois de nisan , début avril, depuis la visite de Jésus à Nazareth, jusqu'à sa Transfiguration  qui venait se superposer à la fête de   Pentecôte...

lune croissant

   LECTURES HEBDOMADAIRES DE LA TORAH

Cycle Annuel
Les Parashiyot sont les sections hebdomadaires de la Torah, lues chaque Sabbat pendant l'office du matin à la synagogue selon un cycle pré-établi; l'année est ainsi divisée en 54 parties, dont la lecture revient tous les ans à la même époque. Ce cycle, s'est imposé jusqu'à nos jours. Il est relativement aisé de connaître pour tel sabbat d'une année donnée la paracha du cycle annuel lue et commentée à la synagogue3. Chacune porte un nom et la numérotation débute avec la shabat qui suit la fête de Soukôt (Maïmonides, Hilkhoth Tefila 13, 1). La plus ancienne trace de ce cycle se trouve dans le traité Megillah à propos du Sabbat shekalim au mois de  Adar1.

Cycle Triennal
Le même traité talmudique donne à entendre que la Palestine suivait par contre un cycle triennal qui était encore observé par certaines communautés du temps de Maïmonides. 
Mais apparemment ce cycle n'était pas encore fixé mais laissé au libre choix des communautés qui lisaient un minimum de  22  versets chaque semaine de manière à dérouler deux fois l'ensemble de la Torah sur un cycle sabbatique de sept ans2. Sur l'étendue spatio-temporelle de cette pratique et sa combinaison avec la première il est bien difficile de se faire une idée exacte.

Un récit de l'évangile de Luc (Lc 6,1-5) se produisit au printemps durant un sabbat dénommé "second-premier" ou second mois premier sabbat,  à l' époque de la maturation du blé; il ne se comprend pas sans un rapprochement avec l' épisode biblique qui relève de la 31ème paracha du cycle annuel. En l'an 29 alors que  Jésus commença d'enseigner,  cette paracha intitulée “Emor”  était lue le   7 mai, au premier sabbat du mois d'  Iyyar 3; Iyyar est le second mois du printemps  ce qui coïncide avec la dénomination lucanienne et les circonstances de la cueillette des épis.

A partir de cette coïncidence à la fois saisonnière et liturgique, les autres évènements ont été placés en fonction des autres fêtes.


   - I  -  LA  SYNAGOGUE DE NAZARETH 


Jésus vint à la synagogue dans “un des sabbats”;  l'expression choisie par Luc s'entendait non seulement du sabbat lui-même mais des jours de fête et de néoménie(nouvelle lune); elle pouvait même  inclure les deux comme le laisssait entendre l' époux de la Shunamite: «aujourd'hui  ce n'est ni nouvelle lune (néoménie) ni sabbat».(2 R4:24) Jésus fut appelé à faire la lecture, et à cette haute époque à l'office de l'après-midi, on sait par le Talmud qu' était  lu   un extrait des livres prophétiques ou haftarah 4  selon un usage  encore en vigueur aujourd'hui, mais pour les seuls jours de jeûne. 
« L'Esprit du Seigneur sur moi, car il m'a oint
pour porter la bonne nouvelle à des pauvres.
Je suis envoyé pour proclamer une libération à des captifs
et à des aveugles un retour à la vue,
pour envoyer
des opprimés en liberté,
 proclamer une année de grâce  de la part du Seigneur .»
Lc 4: 18-19 D05
rouleau d'Isaïe
Le lecteur était libre de choisir le passage qui lui semblait le plus approprié au moment liturgique. Celui que Jésus choisit était le début du chapitre 61 d'Isaïe commémorant l'onction messianique à l'ouverture d'une année nouvelle:  «proclamer une année de grâce  de la part du Seigneur .»

Or au premier jour du premier mois - ou mois de Nisan - était commémorée l'onction royale (TB traité Rosh ha-shana, 1,1) de même que l'onction sacerdotale en même temps que le début d'une nouvelle année liturgique.  Jésus lut cette haftarah en l'actualisant pour lui-même puisque selon le codex Bezæ il dit: "je suis envoyé" là où le texte même d'Isaïe disait "il m'a envoyé". Entrant dans les paroles des Écritures, il les faisait siennes. 

En 29 de notre ère, la nouvelle lune de printemps tombait le samedi 2 avril, à 19h (heure de Jérusalem); si on suit le calendrier déjà en usage dans les communautés Juives de Babylonie au second siècle, et qui l'était à Jérusalem bien longtemps auparavant, les derriyots - ces reculs d'un à trois jours par rapport au début du mois, imposaient de mettre la néoménie du 1er nisan le soir du  2 avril, qui était un Sabbat3. L'office de l'après-midi auquel participa Jésus clôturait ce Sabbat et ouvrait sur la demi-fête de néoménie au départ de la nouvelle année.
    
En réservant à Nazareth de lui lire cette parole prophétique, Jésus dit le Nazarênien ou le Nazir, marquait l' estime dans laquelle il tenait ses habitants; ainsi réservait-il le meilleur à ses proches. Ses paroles dans la synagogue mentionnaient les prophètes Elie et Elisée dont il se faisait l'hétitier direct.
Cependant on chercha à l'intimider en évoquant très concrètement l'attitude des fils de Jacob à l'égard de leur frère Joseph puisque Jésus semblait revendiquer également son héritage spirituel et messianique.
La paracha  Chemini lue en ce sabbat  de la 26 ème semaine disait: « C'est aujourd'hui que le Seigneur va vous apparaître.» Lev 9:4

Mosaïque dédiée à Conon, Diacre de Jérusalem
- soubassements de  la Basilique de la Visitation à Nazareth -





   II - “SABBASIN“ À  CAPHARNAUM


synagogue Capharnaum Il descendit alors à Capharnaüm où il enseignait durant les sabbasin; ce datif pluriel de la troisième déclinaison serait un calque de l'hébreu chabatôt désignant en Lv 23,15 les sept semaines séparant Pessa'h de Shavouot. Sabbasin n'indiquait pas un jour précis de la semaine mais une période;  à partir de ce verset (Lc 4,31), on se retrouvait au lendemain de la Pâque dans une des sept semaines menant à Shavouot.
Dans l'épisode suivant et qui se situe à la synagogue même de Capharnaüm, Jésus délivrait l'homme d'un démon d'impureté; comme il ne fut pas  repris par les Pharisiens, ce devait être un autre jour que le Sabbat.

Soubassement de basalte de la synagogue du Ier s. à Capharnaum

Puis Jésus enseigna la foule depuis la barque de Pierre qui avait pêché toute la nuit sans rien prendre. C'est alors qu'après avoir guéri un lépreux (Lc 5,12-16) il lui rappela la paracha  lue pendant la 28ème semaine (Paracha Mezora, la lèpre) et qui lui enjoignait d'aller se montrer au prêtre (Lv 14).

Le “un des jours” était le repère chronologique suivant. L' expression peut s'entendre de deux manières

    III - LES ÉPIS DE BLÉ  ET  LE SABBAT SECOND-PREMIER

Dans le sabbat appelé second-premier par Luc, (6,1) les blés étaient presque mûrs puisque les disciples se prirent à en manger. Les prémices du blé étaient réservées aux prêtres, avant qu'elles ne soient offertes au jour de la Pentecôte; elles ne devaient pas même être touchées des simples Israélites.

C'est pourquoi les Pharisiens reprochèrent à Jésus le geste sacrilège de ses disciples, accompli durant ces semaines dites des sabbasin  entre Pessa'h et Shavouot.

En ce sabbat qui tombait le 7 Mai du calendrier Julien, était lue la paracha 31, Emor3, Lv 21-22,  relative aux fêtes d'Israël et aux offrandes réservées aux prêtres, notamment les pains de présentation Lv22,10-15:

«aucun laïc ne doit manger ce qui est saint...qu'ils ne profanent pas les saintes offrandes d'Israël, celles qu'ils prélèvent pour le Seigneur.»
«tu feras cuire douze gâteaux...cela reviendra à Aaron et à ses fils...c'est une redevance pour toujours.»
Lv24,5-9:
ble vert
L'épisode de Lc 6,1-5 était en étroite correspondance avec les termes de cette paracha.
Pour justifier le geste de ses disciples, Jésus invoquait l'exemple de David, revendiquant avec la filiation Davidique , l'onction messianique royale et sacerdotale.


     IV - SUR LA MONTAGNE

Au cours de ce même sabbat semble-t-il, Jésus appréhenda une personne prise en flagrant délit de travailler (Lc 6:5 selon le codex bezae).
Le sabbat suivant (14 mai) c'est lui qui fut appréhendé  dans la synagogue où se tenait un homme à la main sèche (Lc 6,6) ; au sortir de la synagogue le récit reprenait sur ces mots:
« Il advint en ces jours là qu'il sortit vers la montagne pour prier. »  
La paracha qui suivait celle d' Émor était la paracha Béhar,  sur la montagne; elle traitait de l'année sabbatique et du repos de la terre.
Au petit matin Jésus en  élut douze parmi ses disciples.
“La montagne" était évoquée une seconde fois, comme on le verra plus loin.

     V  BÉNÉDICTIONS  ET  MALÉDICTIONS

Redescendant de la montagne, sur un terrain plat, Jésus fut accueilli par la foule à laquelle il dédia ses "Béatitudes" (6,22 sq); à la différence de celles de Matthieu, les béatitudes de Luc ont un parallèle biblique; elles sont composées de bénédictions puis de malédictions à la façon de la paracha Bé'houqotaï (Lv 26 -27) qui vient juste après la paracha Béhar . Ainsi trouve-ton la bénédiction "je mettrai ma demeure au milieu de vous" Lv 26,11 qui peut être mise en parallèle avec: "heureux les pauvres, car vôtre est la royauté de Dieu". La correspondance liturgique avec la paracha de la semaine qui débutait, a pu suggérer à Jésus la manière de s'adresser à ses disciples en adoptant un schéma littéraire bien connu d'eux.


    VI - NAÏN

C'est alors qu'entrant dans Capharnaüm, il reçut une délégation d'anciens, mandatés par un centurion. D'où venaient-ils? On pense  à Césarée, où le centurion du nom de Corneille, était dit demeurer (cf Actes 10). Il ne pouvait se trouver en Galilée qui était sous l'autorité non de Rome mais d'Antipas. Jésus se mit en route pour aller chez lui et fut arrêté dans son élan  par une seconde délégation qui le priait de ne pas se déranger personnellement, alors même qu'il approchait du but.  Suite à quoi il bifurqua  sur Naïn à hauteur de laquelle il devait se trouver, étant sur l'axe Tibériade-Césarée, à 25 miles environ de Capharnaüm et non loin de la frontière avec la Samarie où le centurion pouvait stationner.
Fortifié par la foi du soldat qu'il avait exaltée devant tous,  arrivant à la porte de Naïn, Jésus y releva de la mort un jeune homme, mené à son tombeau par un cortège funèbre. C'était la fin du jour.
Ce que Luc savait avec tous les habitants de la ville, mais que le lecteur  ignorait, à moins d'avoir arpenté les lieux, c'est que de l'autre côté du mont Moreh au pied duquel s'étendait Naïn, se trouvait le village de Shunem, où était née Avishag et où, le prophète Elisée, séjourna; il y avait réanimé un fils unique, né grâce à son intervention. A Nazareth Jésus s'était référé explicitement à ce prophète mais le rapprochement est plus souvent fait avec le même  miracle opéré par Élie à Sarepta.  
Théophile, à qui Luc dédicaçait son ouvrage, pouvait ne pas ignorer la proximité géographique de Naïn et Shunem et établir un rapprochement avec Elisée. Le repère était donné,  comme une simple trace  à l'intention d'un natif des lieux. Jésus séjourna à Naïn et c'est là qu'il aurait reçu les deux envoyés de Jean, dont les deux noms  Matthias et Barnabas étaient donnés en Ac 1.
Naim
De sa prison de Machéronte Jean avait eu vent du signe et il sollicitait Jésus. En accomplissant aussi publiquement le relèvement du jeune homme  Jésus lui conférait une portée politique tout comme les signes accomplis par les deux prophètes Elie et Elisée en vue d'avertir les gouvernants. Peut-être qu' Antipas, le geôlier de Jean, en entendant parler du relèvement accompli sur les pas d'Elisée, refuserait de se laisser aller au pire?

Jésus fut alors  reçu chez le pharisien, Simon où vint le trouver une pécheresse de la ville. Quelle ville? Naïn, dans la mesure où c'était  la dernière ville à avoir été nommée, d'autant que les gestes de l'intruse étaient chargés de référence au prophète Elisée, qui avait multiplié l'huile parfumée d'une veuve et ranimé un jeune homme de la chaleur de son corps. Cette femme , nommée quelques versets plus loin comme Marie appelée la Magdalène avait été vraisemblablement retournée par le signe accompli,  et Jésus la prit comme disciple, lui permettant d'enraciner sa conversion. 


      VII -  LA  VALLÉE DE  YIZRÉEL

La plaine de Yizréel étant juste à côté, c'est  là probablement qu'il énonça la parabole du semeur, puisque ce grenier-à blé portait le nom "YHWH sèmera". Jésus se trouvait à proximité d'un village et d'une ville d'où les gens sortirent à sa rencontre. Quelle ville? Nazareth probablement puisqu'elle dominait la plaine;  et en effet à la fin de l'enseignement sa mère et ses frères qui en venaient, cherchèrent à l'approcher.



    VIII  -  TEMPÊTE SUR LE LAC


 Dans l' un des jours (Lc 8,22) , Jésus revint à Capharnaüm et il s'embarqua pour la rive opposée du lac. 
Les épisodes suivants se succèdent sans repère chronologique précis mais sans donner l'impression d'un long laps de temps entre eux. Revenu du pays des Géraséniens, qu'il fut prié de quitter rapidement, Jésus guérit le même jour une femme et réanima un jeune fille, puis il envoya les Douze en mission  pour  un mandat court. puisqu'ils partaient sans tunique de rechange.

C'est alors que le lecteur apprenait la mort de Jean,  qu'Antipas se vantait d'avoir lui-même décapité. La tempête sur le lac alors que Jésus était emporté dans un sommeil de mort, pourrait bien en avoir été le signe.

Au retour des Douze, Jésus les prit à part  près de Bethsaïde au nord du lac, où il multiplia les pains pour la foule, un signe qu'avait accompli Elisée.

     IX - HAR  KARMEL


Quand ensuite il se mit à l'écart avec les disciples , leur disant:
«Or je vous dis que, vraiment , certains de ceux qui se sont tenus ici, ne goûteront pas la mort avant de voir  le Fils de l’homme venant dans sa gloire !»  
il se trouvait  "ici", c'est à dire dans le lieu où il allait se tenir peu après, soit la montagne de la Transfiguration prophétisée par Isaïe.
« Le désert et la terre aride se réjouiront; le lieu stérile sera dans l'allégresse, et fleurira comme la rose;  il fleurira abondamment, et il sera dans l'allégresse, oui, dans l'allégresse, et il exultera. La gloire du Liban lui sera donnée, la magnificence du Carmel et de Saron; ils verront la gloire du Seigneur, la magnificence de notre Dieu.  Fortifiez les mains lassées, et affermissez les genoux qui chancellent.  Dites à ceux qui ont le coeur timide: Soyez forts, ne craignez pas; voici votre Dieu: la vengeance vient, la rétribution de Dieu! Lui-même viendra, et vous sauvera.» Isaïe 35,1-4
La Montagne de la Transfiguration

Elie et Elisée étaient évoqués deux fois encore à la fin du chapitre IX et leur présence,  comme les paroles d'Isaïe, ont pu focaliser l'attention du Christ,  depuis les hauteurs de Nazareth où il avait vécu , de l'autre côté de la plaine par rapport au Carmel. Descendant de cette montagne où il avait fait choix des Douze, Jésus avait  retrouvé  "un lieu plat " tel  la plaine de Yizréel.  Après la transfiguration il fut entouré comme précédement d'une foule nombreuse.  


IX- PARACHAT NASSÔ  ET  LE  DON  DE  LA  TORAH

De même qu'elle advint sur une montagne bien particulière, La transfiguration devait   coïncider avec un temps liturgique précis et comme Pierre proposait de dresser trois tentes, on a pensé aux sukkot des  fêtes d'automne.
LES TROIS TENTES


Or le Grec SKHNA recouvre dans la LXX trois termes  de l'Hébreu:
  • OHEL la simple tente (C) et OHEL MOED, la tente de la rencontre ou du rassemblement, 
  • MISHKAN le lieu saint ou tabernacle (B) à l'intérieur de l'enclos  
  • et enfin SUKKA (A), la cabane de branchages. 
Trois réalités différenciées pour un seul terme en Grec.
Ohel et Mishkan sont si étroitement associés qu'ils se confondent; ohel moed devait former l'enclos du tabernacle.  La Sukka quant à elle rapelle le détachement par rapport aux biens terrestres, le fait que la vie n'est qu'un passage.

Dans  la 35ème paracha, Nassô, Moïse était évoqué en ces mots:
«Quand Moïse entrait dans la tente de la rencontre  pour parler avec le Seigneur, il entendait la voix lui parler du haut du propitiatoire, d'entre les deux chérubins. Le propitiatoire était sur l'arche de l'alliance. Et il lui parlait»Nb 7:89  .
 
Sur la montagne Jésus s'entretenait avec Moïse et Elie de son “exode”, de la même manière que la voix du Seigneur s'était entretenue avec Moïse dans la tente de la rencontre. En proposant de dresser trois  tentes,  c'est à cela que Pierre devait se référer  bien plus qu'aux huttes de feuillage.
Au-dessus du tabernacle se tenait la nuée, lumineuse la nuit, obscure le jour.
Les tentes de la rencontre et du tabernacle, la nuée, la voix, la présence de Moïse rapprochent la transfiguration de la rencontre entre Dieu et son peuple au désert et donc du don de la Torah.
En effet cette paracha Nassô était lue le sabbat veille de la fête de Shavouot ou  fête de la Pentecôte. 
La fête de pentecôte fut tout d'abord une fête agricole avec l'offrande des prémices du blé.
Mais peu à peu, - il  est difficile de préciser à partir de quel moment ce changement intervint -  fut commémoré en ce jour MATAN TORAH, le don de la Torah à Moïse sur le Mt Sinaï, puique selon le livre de l'Exode, l'évènement avait eu lieu au troisième mois; toute la nuit se passe  dans la prière et l'étude de la Torah.  En Kipur, ainsi qu'en faisait mémoire Ta'anit 26b, est commémorée la réception de la Torah par le peuple, puisqu'il y eut une certaine latence entre les deux.

Ainsi en cette nuit où le peuple célébrait le don de la Torah,  Jésus qui en représentait l'accomplissement pleinier, se manifestait dans la Gloire du Père.
« Celui-ci est mon fils bien-aimé, l'élu, écoutez-le»

Daphni transfiguration
mosaïque  de Daphni, XIème siècle, Grèce.
C'est alors que Luc situait une première montée de Jésus à Jérusalem :
«Et il advint comme s'accomplissaient les jours de son enlèvement qu'il affermit sa face pour monter à Jérusalem» . 
Le souvenir du Carmel était encore dans l'esprit de Jacques et de Jean lorsqu'ils proposèrent, peu après, de punir les Samaritains qui refusaient de les accueillir en faisant tomber sur eux le feu à la manière d' Elie.  
Ainsi des évènements très importants de l' année du ministère se sont déroulés à la frontière de la Galilée et de la Samarie et dans un temps très court  bien mémorisé de Luc et de ses témoins.


    X Tableau Récapitulatif


  Parachiot
Dates Correspondances avec l'évangile Episodes de l'évangile de Luc
0 27ème Paracha, Tazria,  demi-fête de la Néoménie  

Samedi
2 Avril 29
29 Adar II
3788
A Nazareth, dans la synagogue, LE SABBAT, Jésus fit la lecture dans le rouleau du prophète Isaïe :
Ouverture de l'année liturgique, anniversaire de l'onction sacerdotale et royale. Dimanche
3 avril 29
1er Nisan
3789
sur l'onction du grand-prêtre, annonçant une année de grâce.

 A Capharnaüm dans la synagogue, Jésus expulsa un démon impur.
  Guérison de la belle-mère de Pierre
Guérisons multiples et délivrances
La pêche miraculeuse
I 28ème Paracha Metzora, la lèpre et sa guérison,
 
Samedi 9 Avril
7 Nisan

Jésus guérit un lépreux.
II 29ème Paracha A'haré Mote, lois de Kipour Lv 16
sabbat ha-Gadol
Samedi 16 Avril
14 Nisan




Fête de Pessah,  Dimanche 17 avril
15 Nisan
III 7ème jour de Pessah, paracha de la fête
Samedi 23 Avril
21 Nisan
IV 30ème paracha Kédochim "Soyez saints" Lv 19 Samedi 30 Avril
28 Nisan
Néoménie d'Iyyar Mardi 3 Mai Dans "l'un des jours", Jésus guérissait un paralytique

Au bord du lac Jésus appellait Lévi
Festin  chez lévi
V 31e Paracha Emor sur la nourriture réservée aux prêtres

Samedi 7 mai
5 Iyyar
SABBAT second-premier, cueillette des prémices du blé réservées aux prêtres Jésus interpellait quelqu'un travaillant en sabbat (Lc 6:5D05)
VI 32e Paracha Béhar, sur la montagne; lois sur l'année sabbatique
Samedi 14 mai
12 Iyyar
Le SABBAT Dans une synagogue, Jésus guérit un homme à la main sèche.
 Puis il alla prier, la nuit, sur la montagne et, le matin, fit choix des Douze
VII 33e Paracha Bérouqqotai, bénédictions et malédictions
Samedi 21 Mai
19 Iyyar
Discours dans la plaine débutant par les bénédictions et les malédictions.
VIII 34e Paracha Bé-midbar, dans le désert: dénombrement des Fils d'Israël Samedi 28 Mai
26 Iyyar
  De Capharnaüme, se rendant (à Césarée?) auprès d'un centurion, Jésus, au retour; s'arrêta  à Naïn où il ressuscita un jeune homme
Il y reçut les envoyés de Jean.
Il y fut invité chez Simon le pharisien
Proclamation de la Parole (dans la plaine de Yizréel).
 de Nazareth sa mère et ses frères vinrent à lui.
Dans l'un des jours:néoménie de Sivan, 1er Juin (?) Jésus quittait Capharnaum pour la rive opposée à la rencontre des Gadaréniens.
     
Au retour il guérissait une femme puis réanimait une jeune fille.
   Envoi des Douze en mission
  Près de Bethsaïde, multiplication des pains

  Confession de Pierre, "ici" à l'écart,  (sur la montagne).
IX 35e Paracha Nasso,  La tente de Moïse et la voix céleste
Samedi 4 Juin
4 Sivan




Fête de Shavouôt Nuit du dimanche au Lundi 6 Juin
6 Sivan
8 jours (?) après la confession de Pierre, Lumière de gloire  sur la montagne du Carmel entre Moïse et Elie
le lendemain dans la plaine de Yizréel, guérison d'un enfant épileptique.
Préparation pour sa montée vers Jérusalem. Envoi de ses disciples en Samarie.


Sylvie Chabert d'Hyères
© Copyright 2006

1 Cycle annuel Meguillah29b et historique
cycle triennal: 
2 - Sur le début du ministère de Jésus et son temps, se reporter à l'étude d'ensemble sur les dates de la vie de Jésus et de l'ère chrétienne
3 - Concordance des calendriers, Bureau des Longitudes.
Calendrier hébraïque et paracha pour les années depuis l'Antiquité
4-Talmud de Babylone traité Sabbat 24a et 116b
5 - Ta'anit  26b «Au jour de ses noces, ce qui se réfère au jour du don de la Torah» ce qui s'entend du jour de Kipour.