Commentaire de l'Évangile de Matthieu selon le codex Bezæ Cantabrigiensis, chapitre 25







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Trois Paraboles du Royaume des Cieux tirées du trésor de Matthieu.

1 Alors le royaume des cieux sera semblable à dix jeunes filles nubiles Avec “alors” la parabole s'inscrivait en continuité avec l'annonce de la fin des temps du chapitre précédent et cette parabole, comme la précédente, avait pour but d'inviter les fidèles à la vigilance et à la patience ; Jérusalem était un monceau de ruines et la parousie se faisait attendre. Une parabole ignorée de Luc et de Marc qui n'écrivaient pas aussi longtemps après la vie du Christ.

“Le royaume des cieux sera...”: il s'agit du monde futur (à comparer avec Mt 4.17 ou Mt 19.43)

Si le grec παρθένοι désigne des jeunes filles nubiles en âge de se marier, les commentateurs ont mis l'accent sur leur caractère virginal au sens propre, comme au sens figuré. À travers elles Matthieu donnait un versant féminin au cortège masculin accompagnant le marié et auquel Jésus avait fait allusion (Mt 9.15).

...à la rencontre de l'époux et de l'épouse (D05 Θ 1 1582 124 f1 It mae Sy)
ἁπάντησιν ou ὑπάντησιν ? Les deux termes sont synonymes et désignent une rencontre; les copistes ont fait choix de l'un ou l'autre selon leur gré ici et au v 6 ; toutefois ὑπάντησιν détient une connotation d'opposition qui ne s'accorde pas au contexte.
Dans plusieurs manuscrits (dont le codex Bezæ), l'épouse est nommée avec l'époux au v1; mais elle ne l'est plus ensuite et c'est vraisemblablement la raison pour laquelle sa mention a été retirée de ce verset par les autres copistes. D'ailleurs, les commentateurs verront dans les vierges sages une image de l'Église, unique épouse du Christ : “ Ceux dont ces vierges sont la figure prennent leurs lampes, c'est-à-dire leurs sens extérieurs, sortent du monde et de ses erreurs, pour venir au-devant du Sauveur, qui est toujours prêt à entrer dans la maison de son épouse, la sainte Église, avec ceux qui sont dignes de l'accompagner”. Origène, traité sur St Matthieu n°32

Évangéliaire copte, Bibl. de Fels, 1250
3 dans leurs réservoirs D05
Cette mention a disparu des autres manuscrits car elle donne à entendre que les imprudentes étaient parties avec des lampes au réservoir vide. La suite du texte tend à montrer qu'il s'agissait d'une réserve supplémentaire dont elles ne s'étaient pas munies. Clément d'Alexandrie commentait ainsi l'image des lampes allumées dans la nuit : “En ceci est le sens symbolique de ces lampes que les vierges prudentes allument au milieu des épaisses ténèbres de l'ignorance, que l'Écriture appelle du nom de nuit : Pareilles à des vierges sans tache, les âmes sages et prudentes, à la pensée qu'elles vivent dans la nuit de ce monde, allument leurs lampes, éveillent leur intelligence, éclairent l'obscurité qui les environne, dissipent les ténèbres de l'ignorance, cherchent la vérité et attendent l'avènement du maître.” Stromates V.3.

12 Seigneur ouvre-nous ! En réponse il dit : Amen je vous dis, je ne vous connais pas (οὐκ οἶδα ὑμᾶς).
La réponse de l'époux avec la porte qui se ferme laissant au dehors les insensées évoque celle du seigneur en Luc 13.25 : οὐκ οἶδα ὑμᾶς πόθεν ἐστέ: je ne sais pas d'où vous êtes.
La porte est si étroite que peu sont capables de la trouver, ne pouvant envisager d'y passer. Et se recommander de son appartenance religieuse est alors inutile.
Dans les deux paraboles les personnes concernées sont des proches du maître des lieux. Selon Matthieu la superficialité et l'imprévoyance sont la cause de leur rejet, selon Luc ce sont leurs richesses.

Parabole des talents
La parabole des talents en Matthieu répond à la parabole des mines en Luc, mais elles sont aux antipodes l'une de l'autre:

Matthieu 25. 13-30 Parabole des talents
Luc 21.11-27 D05 Parabole des mines
13 Veillez donc parce que vous ne savez ni le jour ni l'heure.



14 De même qu'un homme partant au loin




a appelé ses propres esclaves et leur a confié ses biens,
15 donnant à l'un 5 talents à celui-ci 2 et à celui-là 1, à chacun selon son dynamisme et il est parti aussitôt.
16 S'en allant celui qui avait reçu cinq talents les fit valoir et gagna 5 autres talents. 17 Semblablement aussi celui qui avait reçu deux talents ; et lui en gagna deux autres.18 Mais celui qui en avait reçu un l'enfouit dans la terre et cacha l'argent de son Seigneur.

19 Longtemps après vient le Seigneur de ces esclaves et fait les comptes avec eux.


20 Aussi s'avançant celui qui avait reçu cinq talents apporta cinq autres talents disant : Seigneur, tu m'as remis cinq talents; vois, j'ai fait un profit de cinq autres talents.
21 Son Seigneur lui dit : Bien, esclave bon et fidèle, puisque en peu tu as été fidèle sur beaucoup je t'établirai. Entre dans la joie de ton Seigneur.
22 S'avançant alors celui qui avait reçu deux talents dit : Seigneur, tu m'as remis deux talents ; voici deux autres talents dont j'ai fait profit.
23 Son Seigneur lui dit : Bien, esclave bon et fidèle, puisque en peu tu as été fidèle sur beaucoup je t'établirai. Entre dans la joie de ton Seigneur.
24 S'avançant alors celui qui avait reçu un talent dit : Seigneur, je savais que tu es un homme dur moissonnant où tu n'as pas semé et amassant où tu n'as pas répandu ;
25 Aussi ayant peur je me suis éloigné et j'ai caché ton talent dans la terre. Voici tu as ce qui est tien. 26 En réponse son Seigneur lui dit : Mauvais et paresseux esclave, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé et que j'amasse où je n'ai pas répandu. 27 Il te fallait donc placer mon argent chez les banquiers, et en arrivant, moi, j'aurais récupéré ce qui est mien avec un intérêt.
28 Ôtez-lui donc le talent
et donnez le à celui qui a les cinq talents.

29 Car à celui qui a il sera donné et il sera dans l'abondance mais à celui qui n'a pas même ce qu'il a lui sera ôté.
30 Et jetez dehors l'esclave inutile
dans la ténèbre extérieure ; là sera le pleur
et le grincement des dents.
11 Or comme ils écoutaient cela, ajoutant, il dit une parabole, du fait, pour lui, d'être proche de Jérusalem,
et de penser qu à l'instant, était sur le point d'apparaître avec éclat, la royauté de Dieu.
12 Il dit alors: Un humain qui était de haute naissance
se rendait dans une région lointaine pour obtenir
une royauté et rentrer;
13 or ayant appelé dix de ses esclaves , il leur donna
dix mines, et il leur dit de faire des affaires, “pendant que je m'en vais”.
14 Or les citoyens le haïssaient, et ils mandatèrent
une délégation derrière lui en disant: Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous.




15 Et il advint qu'il revint, ayant obtenu la royauté; et il commanda que soient hélés ses esclaves auxquels il avait donné l'argent afin de connaître le profit qu'ils en avaient retiré.
16 Se présenta alors le premier disant : Seigneur, ta mine a rapporté dix mines.




17 Il lui dit alors: bravo! bon esclave parce que dans le plus minime tu as été fidèle, sois détenant l'autorité sur dix villes.

18 L'autre étant aussi venu, il dit : Seigneur, ta mine
a fait cinq mines.

19 Il dit alors aussi à celui-ci : Sois, toi aussi, au-dessus de cinq villes.


20 Et l'autre vint disant: Seigneur, voici ta mine que j'avais déposée dans un linge, 21 parce que j'ai été effrayé par toi;
en effet tu es un humain intransigeant;
tu ôtes ce que tu n'as pas déposé et tu moissonnes ce que tu n'as pas semé.
22 Or il lui dit : De ta bouche
je te juge, mauvais esclave; tu savais que je suis un humain intransigeant, ôtant ce que je n'ai pas déposé, et moissonnant ce que je n'ai pas semé; 23 pourquoi donc n'as-tu pas donné mon argent à une banque? Et moi en venant, avec un intérêt je l'aurais recouvré.
24 Il dit alors à ceux qui se tenaient là : Ôtez-lui et apportez à celui qui détient les dix mines. [25 TA : Ils lui dirent: Seigneur, il a dix mines. ]
26 Je vous dis en effet qu'à tout détenant il est ajouté; mais, de celui qui ne détient pas, même ce qu'il détient lui sera ôté.
27 Seulement ceux-là, mes ennemis, qui ne veulent pas de moi pour régner sur eux, amenez ici et égorgez devant moi!
Puis expulsez l'esclave inutile vers la ténèbre du dehors; là sera le pleur et le grincement de dents (D05 interpolation de Mt 25.30).

Cornes d'abondance sur une pièce éditée sous Archelaüs
Jésus avait ajouté la PARABOLE DES MINES à la conversion du publicain Zachée pour expliquer le contexte dans lequel évoluaient les percepteurs du fisc ; son récit suggérait une analogie avec la vie d'un fils d'Hérode le Grand, Archélaüs, cet ethnarque sanguinaire. À son image le maître de la parabole exerçait en tyran sur sa domesticité, remettant la somme d'une mine (ou 432 grammes d'argent), à chacun de ses dix esclaves. À son retour en fonction de leurs gains, il leur confiait une ou plusieurs villes, dans le but évident de pressurer fiscalement ses concitoyens. Considérable était l'écart entre la mine et la charge d'une ville, mais pour les avoir testés leur maître les plaçait désormais dans une situation de responsabilité et de puissance dont ils ne sauraient plus s'extraire. Quant à celui qui s'était refusé à faire du profit son destin s'achevait sur ces mots: “amenez le ici et égorgez le devant moi”(v.27).
Illustrant la tyrannie des pouvoirs, la parabole exprimait donc ce que n'était pas la Royauté de Dieu.

La PARABOLE DES TALENTS chez Matthieu n'entretient pas d'analogie avec le contexte historique ; elle s'intercale de manière abrupte après la parabole des dix vierges et il faut remonter au verset I pour lui trouver une introduction qui en donne le sens : Alors le royaume des Cieux sera semblable à...De même qu'(à) un homme partant au loin... Ainsi et contrairement à la parabole des mines, il était proposé de lire celle des talents comme une image du royaume des Cieux.
Le maître remettait une somme considérable, mais inégale, à trois de ses esclaves, en fonction de la capacité de chacun. Du profit était à faire, ce qui était mis en relief par la reprise des phrases d'un paragraphe à l'autre, avec les 15 occurrences du mot “talents”. Or le talent qui correspondait à une masse de 25kg d'argent valait 58 mines. Aucune commune mesure, donc, avec les 10 petites mines du récit lucanien. Et comment ce maître confiait-il de telles sommes alors qu'il s'en allait pour longtemps?
Il n'est pas dit si, à son retour, les esclaves conservaient l'argent qui leur avait été confié avec celui qu'ils avaient gagné ou bien s'ils reversaient tout à leur maître. Celui-ci les récompensait d'une promesse et, dans cette attente, les invitait à entrer dans sa joie. Quant à l'esclave jugé inutile et qui s'était permis de dire son fait à son maître, il était rejeté dans la ténèbre extérieure, selon une expression propre à Matthieu et signifiant sa damnation.
Ce maître, de qui était-il l'image ?
De manière univoque tous les commentateurs depuis l'Antiquité ont vu dans la parabole une allégorie du royaume des Cieux avec la récompense accordée à ceux dont la vie répond à l'attente du Seigneur ; le talent pris au sens figuré de “faculté” leur a permis de valoriser les compétences humaines, temporelles et spirituelles, à tel point que la parabole a eu un impact considérable dans toute la chrétienté, et on a même pu voir, dans le profit, un moyen nécessaire pour répandre la bonne nouvelle de la royauté de Dieu. Tant et si bien que l'unité de mesure grecque τάλαντον traduite en latin par talentum et en français par “talent” a reçu son sens figuré de l'interprétation même de la parabole.

Tout au long de son évangile Matthieu a donné un poids manifeste aux richesses et à l'argent et nous en avons ici un exemple parlant alors que tout au long de son ministère, Jésus invitait à renoncer aux biens de ce monde et à l'argent en particulier (cf Mt 6.24) ; comment, dans le même temps, aurait-il incité à tirer profit de très importantes ressources financières ou fait l'apologie de l'abondance (v.29) ?
Il y a eu méprise ; lisant la parabole des mines sans une réflexion suffisante Matthieu a pensé trouver dans la figure du maître une image de Dieu. Mais il a inversé le sens du texte sans même s'en rendre compte et dans cette inversion du sens, à sa suite, les commentateurs se sont engouffrés.
Le plus fort, c'est que la parabole des mines — qui était un contre-exemple — a été interprétée par eux dans le même sens que celle des talents ; le texte en a été forcé pour y lire une allégorie de la Royauté de Dieu.
Lorsqu'il prend conscience de ces inversions en cascade, le lecteur reste coi.

Parabole du Jugement dernier

Une parabole à l'impact considérable.

Ravenne, église St Apollinaire le Neuf, VIs
31 Quand viendra le Fils de l'homme dans sa gloire et tous les anges avec lui alors il siégera sur le trône de sa gloire
Lorsqu'il est dit siéger à la droite de Dieu (Lc 22, 68, Mc 14.62, Mt 26.64) n'est-ce pas toute l'humanité qui, est présente à travers le Fils de l'homme ? Ici c'est lui qui trône pour le jugement où l'absence du Père déconcerte. Certes des références lui sont faites au v.34 pour ceux qu'il a bénis et au v.41 dans le Texte Occidental à propos de la damnation ; mais au jour du jugement, le fidèle pourrait s'attendre à entrer dans la pleine vision du royaume des cieux ; or, c'est un juge siégeant sur un trône qu'il est amené à affronter.


32 Il les séparera les uns des autres comme le berger sépare les moutons des chevreaux.
Troupeaux d'ovins et de caprins paissent rarement ensemble. Le grec ἔριφος désigne le petit mâle de la chèvre, son chevreau. L'individu mâle adulte, le bouc, se dit χίμαρος (cf. Lev 4.24). Les traducteurs ont bien souvent rendu ici ἔριφος par bouc, de manière à accentuer la différence d'avec les moutons, le bouc étant connu pour son caractère difficile. C'est aux deux espèces d'ovins et de caprins qu'était comparée la répartition des nations entre élus et maudits, élection ou malédiction semblant relever de la nature, de l'appartenance à telle ou telle espèce.

34 Alors le roi dira à ceux de sa droite : Venez les bénis de mon père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.

Le Fils de l'homme est dit “roi” ici et un peu plus loin au v. 40. Une royauté de caractère spirituel, dénuée d'incidences temporelles dans la mesure où Matthieu ne reconnaissait pas à Jésus d'avoir été acclamé roi par ses disciples (cf Mt 21.11).

Le Fils de l'homme ne rendait pas de jugement mais faisait connaître celui-ci. Revient ici le thème de la prédestination déjà perceptible en Mt 24.24 ou Mt 20.23 à travers l'élection : “Quant à siéger à ma droite et à ma gauche ce n'est pas à moi de le donner mais ceux pour lesquels cela a été préparé par mon Père”.
La parabole du jugement dernier situe d'un côté les élus, de l'autre ceux qui n'ont pas su échapper à la damnation. Les premiers ont pratiqué les œuvres bonnes préparées à leur intention tandis que les autres n'ont su les voir pour les pratiquer. Une articulation extrêmement subtile entre prédestination et mérites personnels marque cette théologie.
Absente des autres Synoptiques, l'idée de prédestination est dans les Épîtres avec celle d'élection et de pré-science ; or, la prédestination qui apparaît en fondement du mouvement gnostique, annihile la liberté humaine. Paul avait du se positionner fortement par rapport à lui et il a considéré la prédestination sous un angle positif : le peuple juif a été prédestiné à espérer par avance dans le Christ, et dans le Christ l'humanité a été prédestinée au salut et à la filiation adoptive (Eph 1.10-14, Gal 26). Matthieu s'est essayé à son tour à ce difficile exercice sur la prédestination conjuguée avec les mérites personnels comme avec la damnation.

40 Aussi en réponse le roi leur dira : Amen je vous dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ceux ci de mes frères des plus petits, à moi vous l'avez fait.
Difficile question de la substitution. Un autre écueil ne serait-il pas de considérer ces plus petits frères comme un moyen de sanctification ?

41 Éloignez-vous de moi les maudits vers le feu éternel qu'a préparé mon Père pour le diable et ses anges. D05, 1, 1582, f1 It mae Irlat
En mettant la phrase au passif et en éliminant le sujet “mon Père”, les copistes du Texte Alexandrin évitaient de prêter directement à Dieu l'intention de la damnation.

45 Alors il leur répondra en disant : Amen, je vous le dis : dans la mesure où vous ne l'avez pas fait
à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait.

Le Fils de l'homme, roi des nations, serait-il à la fois juge et partie ?

Van der Weyden, rétable du jugement dernier, détail, Beaune
46 Et ils s'en iront ceux-là vers le châtiment éternel et les justes vers la vie éternelle.
À une faute temporelle serait promise une peine “éternelle” : le monde futur serait-il donc construit sur l'injustice ? Mais l'adjectif αἰώνιον peut s'entendre d'une durée “infinie” ou bien “indéfinie”. Le châtiment “éternel” serait définitif mais sa durée indéfinie et ce châtiment aurait raison de l'âme de l'individu jusqu'à sa pleine destruction (cf 2Thess 1.9; Mt 10.28).
Ce jugement dernier, propre à Matthieu, fondé sur une bipartition de l'humanité rend de manière très imagée ce qui relève de la pensée du Ier siècle sur les fins dernières à la manière dont l'exprimait le Livre d'Enoch cité dans la Lettre de Jude (14-15) : “Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d'impiété qu'ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu'ont proférées contre lui des pécheurs impies.

Le récit de Matthieu avec une structure en chiasmes construite sur la répétition et l'antithèse suit un schéma qui a servi à la rédaction des deux paraboles précédentes.
C'est un corollaire de la parabole du riche et du pauvre Lazare : “Or Abraham dit: enfant, souviens-toi que tu as été rétribué de tes biens durant ta vie, et Lazare semblablement des maux. Maintenant ici il est consolé tandis que tu es dans l'affliction.Luc 16, 25 .
Jésus avait pointé la richesse qui engendre l'injustice et l'équité est ainsi rétablie dans le monde futur.
Évitant de considérer le riche comme un futur damné, Matthieu envisageait un jugement des bons et des méchants au jour du Fils de l'homme, voyant, à travers les actes de charité accomplis dans un but spirituel, le moyen pour l'âme d'être sauvée de la perdition. C'était en quelque sorte une réponse au pessimisme de la parabole de Lazare et du riche. L'inconvénient c'est qu'en focalisant l'intérêt sur les “justes”, ceux qui ont été l'objet de leurs bienfaits ont été oubliés dans la rétribution.