Commentaire de l'Évangile de Matthieu selon le codex Bezæ Cantabrigiensis, chapitre 22







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Alors le roi dit aux diacres : Prenez-le par les pieds et les mains et jetez-le...
L'ordre de prendre le convive par les pieds et les mains suppose que l'homme soit balancé par ses membres pour être jeté au feu. La parabole force l'imagination. Matthieu a introduit une violence de la part des invités comme de l'hôte qui n'est pas dans le parallèle lucanien. Le lecteur reste plus que perplexe devant cette illustration du royaume des cieux. L'emploi du terme διακόνοις à ce repas de noces confirme que le diacre avait la haute main sur l'intendance.

14 Beaucoup en effet sont appelés mais peu élus.
Une conclusion plus adaptée qu'en Mt 20.16 D05 et qui a pu influencer l'auteur de IV Esdras 8. Cette sentence est absente des parallèles synoptiques et de Jean. Elle relève de la théologie matthéenne au caractère élitiste.

La monnaie du tribut


Matthieu 22.15-20 D05
Marc 12 D05
Luc 20 D05
1 15 S'en allant alors les Pharisiens tinrent conseil : comment ils le piègeraient
en paroles. 16 Et ils lui adressèrent de leurs disciples avec les Hérodiens disant :
13 Et ils envoyèrent certains
des Pharisiens et des Hérodiens pour le piéger en paroles.
20 - Aussi, battant en retraite, ils envoyèrent des observateurs jouant le rôle, eux-mêmes, de justes, afin qu'ils en surprennent
les paroles, de manière à le livrer au commandant.
2 Rabbi, nous savons que tu es véridique et que la voie de Dieu tu enseignes en vérité et que tu ne t'embarrasses de quiconque car tu ne regardes pas à l'apparence des hommes. 14 Et les Pharisiens l'interrogèrent : Rabbi, nous savons que tu es véridique et que tu ne t'embarrasses de quiconque car tu ne regardes pas à l'apparence des hommes mais en vérité tu enseignes la voie de Dieu.
21 - Aussi l'interrogèrent-ils disant : Rabbi, nous savons que tu parles avec rectitude et enseignes (de même), que d'aucun tu ne considères l'apparence, mais qu'en vérité, la voie de Dieu tu enseignes.
3 17 Que te semble-t-il? Est-il permis de donner le cens à César ou non ? Dis-nous s'il est permis que nous donnions l'impôt par tête à César ou bien non. 22 - Nous est-il permis de donner le tribut à César ou non?
4 18 Jésus connaissant leur malignité dit : Pourquoi me mettez-vous à l'épreuve, hypocrites? 15 Voyant leur hypocrisie, Jésus leur dit : Pourquoi me mettez-vous à l'épreuve? 23 - Or reconnaissant d'eux la malignité, il leur dit: Pourquoi me mettez-vous à l'épreuve ?
5
19 Montrez-moi la monnaie du cens. Ils lui apportèrent un denier. 20 Jésus leur dit : De qui cette image et l'inscription ? Ils lui disent : De César ! Alors il leur dit : Rendez les (choses) de César à César et les (choses) de Dieu à Dieu.
Apportez-moi un denier afin que je le regarde.16 Ils en apportèrent et il leur dit: de qui est cette image et l'inscription? Ils lui dirent : de César ! 17 En réponse Jésus dit: Rendez les (choses) de César à César et les (choses) de Dieu à Dieu. Et il s'étonnaient à son sujet.
24 - Montrez-moi la monnaie : de qui a-t-elle une image et l'inscription? Répondant ils dirent: de César!
25 - Il leur dit alors : Rendez les (choses) de César à César et les (choses) de Dieu à Dieu. 26 - Alors ils ne furent plus capables de reprendre une parole de lui devant le peuple.
Et s'étonnant de sa réponse, ils se turent.




  1. Les émissaires des autorités du temple étaient selon Marc et Matthieu des Pharisiens et des gens du parti d'Hérode alliant au souci religieux les visées politiques ; ils devaient tendre un piège à Jésus à travers ses propos. Si la présence des Hérodiens tend à placer le débat sur le plan politique, elle étonne dans la mesure où Hérode est absent du procès chez ces deux évangélistes.
    Selon Luc, les émissaires se devaient d'observer et surprendre les paroles de Jésus susceptibles de le conduire devant l'autorité (romaine).

  2. Jésus interpellé comme Rabbi était reconnu enseigner avec rectitude la voie de Dieu, c'est à dire les commandements de la Torah, et ne faire acception de personne. Le lui dire revenait à le flatter ; mais, ce faisant, justice lui était rendue et c'est en cela que les émissaires s'affichèrent en tant que “justes”.
    Par contre, la phrase “tu ne t'embarrasses de quiconque”, surajoutée en Marc et Matthieu aux propos gardés par Luc, est trop ambiguë pour être vraiment flatteuse. En outre la réitération du concept de vérité chez l'un et l'autre est redondante. Ce seraient les traces d'un remodelage de la rédaction lucanienne par les deux évangélistes.

  3. La question posée par les émissaires portait sur la permission de payer l'impôt ; elle était plutôt étrange puisque tout contribuable est dans l'obligation de le payer ; jamais il ne se retrouve dans la situation de demander la permission de le faire.
    Toutefois la question prend son sens posée par des Israélites religieux ne reconnaissant que l'autorité de Celui qui fit sortir le peuple d'Égypte où il était esclave. Comment accepterait-il dès lors de se soumettre à une autorité étrangère? C'est pourquoi il fut demandé à Jésus si en tant que peuple libre, la loi autorisait les Israélites à payer à l'empire romain l'impôt des nations soumises. À ce titre, c'est la formulation de Luc qui est cohérente avec “nous est-il permis ?”; au peuple juif distingué des autres peuples et soumis à sa propre Loi était-il permis, sans dévoiement, de se soumettre à l'impôt de l'envahisseur romain ? Le déplacement du pronom “nous” en Marc dans le codex Bezæ et sa disparition dans les autres manuscrits, et surtout en Matthieu, manifestent que le sens de la question n'était pas vraiment compris.

    Selon Marc, il s'agissait de l'impôt de capitation (ἐπικεφάλαιος) qui correspondait soit à l'impôt par tête pour ceux qui ne faisaient pas de déclarations foncières, soit au nombre d'ouvriers sur une exploitation donnée ; le terme est rare dans les textes classiques, tant en Grèce qu'à Rome sous la République ou sous l'Empire. Il est présent dans les papyrii d'Egypte relatifs à la vie quotidienne des classes populaires. Son emploi dans l'évangile de Marc pourrait être une indication sur l'origine sociale de son auteur.
    Matthieu lui donnait le nom de κῆνσος, un terme tardif dérivé du latin census ; il correspondait au dénombrement et à l'évaluation des biens faits lors des recensements de citoyens ; l'identité de citoyen (romain) allait de pair avec la capacité de payer le census. Parce qu'il s'intéressait au census, Matthieu relevait apparemment d'une autre classe sociale que Marc. L'expression τὸ νόμισμα τοῦ κήνσου emprunte à Luc où τὸ νόμισμα désignait à juste titre la monnaie régionale à la différence de la monnaie impériale.

    Les émissaires posaient la question du “tribut” selon Luc. Cet impôt direct était la marque de sujétion des provinces à Rome et conçu comme une indemnité perpétuelle de guerre, payée par les provinces sénatoriales et impériales, soit au Sénat soit à l'Empereur. Dans le contexte de l'année 30 c'est bien la question du tribut qui se posait car il n'y a pas de traces d'un recensement à cette époque là. Le census et la capitatio étaient inclus dans le “tribut” (φόρον) dont l'assiette était plus large puisqu'elle comprenait notamment les taxes prélevées sur les récoltes.

  4. Pour dire que Jésus était conscient qu'un piège lui était tendu, l'évangéliste écrivait qu'il avait reconnu chez ses interlocuteurs de la πονηρίαν ou malice; la malice est ce qui vient d'un mauvais esprit. Le terme a été remplacé dans le Texte Alexandrin par πανυργίαν, la fourberie. Marc lui a préféré le terme d'hypocrisie qui rend compte d'un double jeu. En employant les deux, malice et hypocrisie, Matthieu révélait qu'il se référait à l'écrit de Marc comme à celui de Luc.

  5. Pilate avait fait frapper trois années de suite en 29, 30 et 31 une monnaie locale (νόμισμα) qui ne portait pas d'effigie mais des inscriptions et des symboles du rôle pontifical exercé par l'empereur : un simpulum ou louche à libations, un lituus ou bâton augural de celui qui avait le privilège des auspices victorieux; il servait à dessiner l'espace céleste où se lisaient les augures. La religion romaine fondée sur les superstitions qui visent à apprivoiser la mort, se révélait dans ces symboles non moins parlants que les effigies des empereurs. Avec l'année de règne figurait le nom et le titre. Des épis accompagnaient la première, des rameaux la seconde. C'est vraisemblablement l'une de ces pièces frappées en l'année 29 ou en l'année 30 qui fut montrée à Jésus car il dit alors : De qui a-t-elle une image et l'inscription ? Le terme “image” qui n'est pas précédé de l'article défini peut être compris “de qui a-t-elle un symbole ?”.
La subtilité de la phrase est mise en valeur par sa comparaison avec celle gardée par Marc et Matthieu :
“De qui est cette image et l'inscription ?”
Avec le verbe “être” en Marc et non plus “avoir”, “cette image” avec l'adjectif démonstratif s'entend du portrait du personnage. Marc (suivi par Matthieu) pensait au denier d'argent frappé du profil de Tibère avec son titre fils du divin Auguste et au revers Julia figurant la Paix avec un rameau d'olivier. Toutefois, le paiement du tribut ne fut exigé en deniers que sous Domitien (81-96).
Pilate avait déjà introduit à Jérusalem, de nuit, des enseignes voilées porteuses de portraits de l'empereur; ce faisant, il ameuta le peuple contre lui et dut faire marche arrière en les retirant. Mais ni Flavius Josèphe ni Philon d'Alexandrie n'ont mentionné d'émeute suite à l'édition des monnaies. Pilate avait donc su faire passer subrepticement le message qu'il entendait délivrer sans soulever d'hostilités.
Néanmoins, le fait d'examiner une pièce en public au grand jour a pu interpeller l'auditoire sur la question posée à propos de ce qui est permis ou non par la Torah et “tu ne feras pas d'image sculptée” ne pouvait que sauter aux yeux.


23 Des Sadducéens disant qu'il n'y a pas de résurrection
Matthieu 22 D05 Marc 12 D05 Luc 20 D05
23 En ce jour là vinrent à lui
des Sadducéens disant qu'il n'y a pas de résurrection et ils l'interrogèrent 24 en disant : Rabbi, Moïse a dit : si quelqu'un meurt n'ayant pas d'enfant, qu'ait une union son frère et suscite une descendance à son frère.25 Ils étaient chez nous sept frères. Et le premier s'étant marié s'éteignit et n'ayant pas de descendance il laissa sa femme à son frère. 26 De la même façon le deuxième et le troisième jusqu'aux sept.
27 Dernière de tous mourut aussi la femme. 28 À la résurrection du quel donc sera-t-elle des sept la femme ? En effet, tous l'ont eue! 29 En réponse Jésus leur dit : Vous vous égarez ne connaissant pas les Écritures ni la puissance de Dieu.

18 Et viennent à lui des Sadducéens disant qu'il n'y a pas de résurrection. Ils l'interrogeaient en disant:19 Maître, Moïse a écrit pour nous : Si un frère meurt et qu'il ait une femme et ne laisse pas d'enfants que son frère prenne sa femme et qu'il suscite une semence à son frère. 20 Il y avait donc chez nous sept frères. Le premier prit femme et mourut et il ne laissa pas de descendance.21 Et le second la prit et mourut. Lui non plus n'avait pas laissé de descendance. 22 Et comme lui l'avait prise, les sept; et ils ne laissèrent pas de descendance. Et la femme mourut; 23 À la Résurrection donc,
duquel d'entre eux sera-t-elle la femme? Les sept en effet l'ont eue pour femme. 24 En réponse Jésus leur dit :
N'est-ce pas à cause de ceci que vous errez, ne connaissant pas les Écritures? Vous ne savez pas non plus quelle est la puissance de Dieu?
27 - S'avançant alors,
certains des sadducéens - ceux disant la résurrection ne pas être - l'interrogèrent,en disant : 28 - " Rabbi, Moïse a écrit pour nous: si un certain frère meurt sans enfant, ayant une femme,
que son frère prenne la femme et suscite une semence à son frère".
29 - Ils étaient chez nous, sept frères et le premier ayant pris femme mourut sans enfant; 30 - le second aussi 31 - et le troisième***; les sept pareillement ne laissèrent pas d'enfant et moururent. 32 - En dernier la femme aussi
mourut;
33 - à la résurrection donc, duquel d'entre eux sera-t-elle femme, les sept en effet l'avaient pour femme?.



30 Car dans la résurrection
ni ils n'épousent ni elles ne sont données en mariage mais ils sont comme des anges dans le ciel.



25 Car lorsqu'ils se lèveront d'entre les morts, ils ne se marieront pas ni ils ne donneront en mariage ; mais ils sont comme des anges dans les cieux
34 Les fils de cette ère-ci, donnent naissance et engendrent, ils se marient et elles se marient; 35 mais ceux jugés dignes d'obtenir cette ère-là et la résurrection, celle d'entre les morts, ni ne se marient 36 ni elles ne sont données en mariage, car ils ne sont plus dès lors en situation de mourir; en effet à l'égal des anges ils sont pour Dieu étant fils de la résurrection.

La question posée par les interlocuteurs se révèle trop succincte en Luc dans le codex Bezæ et a du être complétée dans le Texte Alexandrin. Marc l'a développée dans un style un peu lourd que Matthieu a corrigé en utilisant un verbe rare au v24 (ἐπιγαμβρεύσει ) que les copistes ont du compléter par τῆν γυναῖκα αὐτοῦ et en reprenant à Luc deux termes au v27 et au v.30.

Jésus répondait à ses interlocuteurs sur la position des hommes et des femmes mariés en ce monde et de leur situation dans le monde futur. Ici-bas, selon Luc, les hommes en prenant femme se marient, tandis que les femmes sont données en mariage.

Mais en parlant de ceux qui ni ne se marient ni ne donnent en mariage, Marc selon le codex Bezæ se référait dans les deux cas à la situation de l'homme, qu'il soit mari ou qu'il soit père. Il établissait, de la sorte, un lien direct entre la position masculine sans unions matrimoniales dans le monde futur et cette même identité masculine qui s'y retrouvait “comme des anges” ; la femme n'était pas incluse.
Matthieu qui n'a pas suivi Marc sur ce point a emprunté à Luc le passif “ni ne sont données en mariage” de manière à intégrer la femme. Ainsi, les deux identités masculine et féminine se retrouveraient “comme des anges ” dans le monde futur, soit asexuées.

La réflexion apportée en Luc est bien différente :
31a Quant à la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu ce qui vous a été dit
La “résurrection des morts” relève du langage de Paul tant dans ses épîtres que dans ses discours des Actes ; par contre, le rédacteur de Luc-Actes a privilégié la “résurrection d'entre les morts” car, confrontée à “la résurrection des justes”(Lc 14.14), ce ne sont pas les cadavres des morts qui se lèveront mais, d'entre les morts, seront réveillés des justes qui eux se lèveront.
Ce qui vous a été dit : Dans cette manière de parler Jésus semblait prendre sa distance par rapport à un peuple ou à un monde auquel il n'appartenait pas. Ce genre de formulation n'est pas chez Luc.

32 Moi je suis le Dieu d'Abraham...
Matthieu 22.32 Marc 12 Luc 20
N'avez-vous pas lu ce qui vous a été dit par Dieu disant : Moi je suis le Dieu d'Abraham et le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Il n'est pas Dieu des morts mais des vivants. 26 Au sujet des morts parce qu'ils seront réveillés,
n'avez-vous pas lu dans la bible de Moïse au buisson quand Dieu lui a parlé en disant : Moi Dieu d'Abraham et Dieu d'Isaac et Dieu de Jacob; 27 Il n'est pas Dieu des morts mais des vivants.
37 - Que les morts son réveillés, Moïse l' a fait connaître à propos du buisson à la façon dont il nomme “Seigneur ” le Dieu d'Abraham et Dieu d'Isaac et Dieu de Jacob.
38 un “dieu-de-morts” n'est pas mais de vivants!
Tous en effet vivent pour Lui.

Mosaïque de St Vital, Ravenne, VIs
Moïse, St Vital


Les versets de Marc et Matthieu font référence à Exode 3.6 , “Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob”, preuve que les Pères sont vivants en Dieu.

Le parallèle de Luc, quant à lui, fait référence à Ex 6.3 : “Je me suis fait voir à Abraham, Isaac et Jacob en El Shaddaï, mais mon nom YHWH je ne le leur ai pas fait connaître.” C'est à Moïse que Dieu a révélé son Nom et c'est à lui qu'il a été donné de le faire connaître aux Hébreux; invoqué sous son nom YHWH, le Dieu d'Abraham d'Isaac et Jacob se rendit présent à Moïse comme il était présent aux Pères bien qu'ils soient défunts. De l'affirmation de la “présence divine” peut découler la certitude de la vie des êtres au-delà de la mort.

37 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu

Matthieu 22 Marc 12 Luc 10
35 L'un d'entre eux, un légiste, l'interrogea le mettant à l'épreuve 36 et disant : Rabbi quel grand commandement dans la Loi ? 37 Jésus lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu dans tout ton cœur et dans toute ton âme et dans toute ton intelligence. 38 C'est un grand et premier commandement. 39 Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.40 À ces deux commandements là toute la loi est suspendue ainsi que les Prophètes. Maître, quel est le premier commandement ? 29 En réponse Jésus lui dit : le premier de tous, écoute Israël le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est un. 30 Et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur,de toute ton âme et de toute ta force.Le second lui est semblable.Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-ci.32 Et le scribe lui dit :Tu as bien parlé, Maître en vérité parce que Dieu est un et il n'en est pas sinon lui. 33 Et l'aimer de tout son cœur et de toute sa puissance et de toute son âme et aimer son prochain comme soi-même vaut mieux que tous les holocaustes et sacrifices. 34 Et Jésus voyant qu'il avait répondu avec esprit, lui dit : tu n'es pas loin de la royauté de Dieu. 25 - Or un certain légiste se leva pour l'éprouver et en disant : que faisant, hériterai-je d'une vie éternelle? 26 - Lui alors, lui répondit: Dans la loi, Il est écrit: Comment lis-tu? Lui alors reprenant, dit: 27 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu dans tout ton cœur et en toute ton âme et en toute ta force, et ton prochain comme toi-même. 28 - Il lui dit alors: avec rectitude tu as répondu fais cela et tu vivras. 29 Lui alors voulant se justifier dit: qui est mon prochain?

Cet épisode se trouve en Luc au chapitre 10, bien avant la Passion ; comme à son habitude, Jésus interrogé retournait la question à l'interlocuteur ; celui-ci était un légiste et il fut amené de la sorte à donner sa propre synthèse de la Loi.
L'épisode a été placé par Marc dans les mises à l'épreuve faites pars les scribes et les pharisiens juste avant le procès. Jésus était amené à se défendre en faisant profession de foi au Dieu unique d'Israël dans un amour menant à l'amour du prochain. Marc renversait en le complétant le dialogue rapporté par Luc, et il prêtait à Jésus les paroles de son interlocuteur. Et celui-ci de féliciter Jésus pour avoir bien parlé.

Matthieu a suivi Marc mais sans le début du commandement “écoute Israël le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est un”, parce qu'à l'époque où il écrivait, après la séparation d'avec la Synagogue, cette parole n'était plus rappelée par les Chrétiens.
Le premier et le second commandement relèvent de la Torah ; ils ont été prêtés par Marc et Matthieu à Jésus comme sa propre synthèse pour devenir le fondement de la Nouvelle Alliance.
C'est un légiste qui, selon Luc, était venu interroger Jésus, mais un scribe dans le récit de Marc. En revenant au légiste, Matthieu manifestait qu'il rédigeait en pleine connaissance de Marc et de Luc.

42 De qui le Messie est-il fils ?
Matthieu 22.D05 Marc 12 Luc XX.D05
Que vous en semble au sujet du Christ : De qui est-il fils?
Ils lui disent : de David.
43 il leur dit : Comment donc David en Esprit l'appelle “Seigneur” en disant :
44 Le Seigneur a dit à mon seigneur : Siège à ma droite jusqu'à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds. 45 Si donc David en Esprit l'appelle “Seigneur”, comment est-il son fils ? 46 Et aucun ne put lui répondre un mot.
Comment les scribes disent-il que le Christ est fils de David ?
36 Et lui David a dit par l'Esprit Saint: Le seigneur a dit à mon Seigneur: Siège à ma droite jusqu'à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds.
37 Lui David le dit Seigneur, et comment est-il son fils ? Et une foule nombreuse l'écoutait avec plaisir.
41 - Or il leur dit : comment
dit-on le Christ Fils de David? 42 - Lui-même David, dit dans le livre des Psaumes: Le Seigneur dit à mon seigneur: siège à ma droite, 43 jusqu'à ce que je mette tes ennemis sous
tes pieds. 44 - David le dit "seigneur", comment est-il son Fils?

“Fils de David” est un titre à la résonance politique ou spirituelle. La question posée en Luc et en Marc se résumerait à ceci : Que veut-on dire quand on appelle le Christ “Fils de David” puisque selon le Psaume, il le précède et prévaut sur lui ? Jésus soulignait le paradoxe, invitant à établir une distance entre ce que l'on attendait du “Fils de David” et le Messie.

Selon Matthieu Jésus interrogeait l'auditoire sur la filiation du Christ : De qui est-il fils? C'était déjà la problématique soulevée par l'évangéliste dans son premier chapitre où il tentait de relier Jésus à la filiation davidique. Le paradoxe du psaume n'apportait pas de réponse à ce questionnement.

46 et personne à partir de cette heure là n'osa plus l'interroger. D05 W It Sy bo
À partir de cette heure là est une expression prisée de Matthieu (19.22; 15.28; 17.18) tandis qu'à partir de ce jour là n'y figure pas sinon dans ce verset revu par les copistes du Texte Alexandrin.