Commentaire de l'Évangile de Matthieu selon le codex Bezæ Cantabrigiensis, chapitre 12







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Les épis de blé

La cueillette des épis de blé un jour de sabbat laisse le lecteur perplexe car Jésus justifia l'attitude de ses disciples à travers un exemple qui n'avait rien à voir avec le repos sabbatique.
En fait l'épisode devient compréhensible dès lors qu'il est lu en Luc dans le codex Bezæ ; il y est une illustration de la phrase qui le précède : “À vin nouveau outres neuves”. Les institutions anciennes, les vieilles outres, devaient faire place à des outres neuves susceptibles d'accueillir ce vin nouveau qu'est l'effusion de l'Esprit Saint. Et c'est alors qu'au vin succédait l'image des épis de blé, constituant du pain.

Matthieu XII
Luc VI (D05)
Marc II
1 En ce temps là, Jésus marcha aux sabbats
à travers les champs ensemencés.
Ses disciples eurent faim
et se mirent à arracher des épis et à les manger.
2 Ce que voyant les Pharisiens lui dirent :
Voici que tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire durant le sabbat.

3 Il leur dit : N'avez-vous pas lu ce que fit David lorsqu'il eut faim et ceux avec lui ?
Comment il entra dans la maison de Dieu
et les pains de la présentation il mangea
ce qui ne lui était pas permis de manger
ni à ceux avec lui sinon aux prêtres seuls.

Aussi il advint que durant un sabbat second-premier,
il passait à travers les champs ensemencés. Or ses disciples se mirent à arracher
les épis et les broyant dans (leurs) mains, (les) mangeaient. 2 - Or quelques uns des pharisiens  lui disaient: "Vois que font  tes disciples, les sabbats ce qui n'est pas permis!"

3 - Or, en réponse Jésus leur disait : Vous n'avez jamais lu ce que fit  David lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ? 4 Entrant dans la maison  de Dieu, et les pains de la présentation  il mangea; et il donna même à ceux qui étaient avec lui, eux à qui il n'était pas permis de manger, sinon aux prêtres  seuls.
23 Aussi il advint que de nouveau durant les sabbats, il passait à travers les champs ensemencés. Ses disciples se mirent à arracher les épis. 24 Or les pharisiens disaient: Regarde ce que font tes disciples les sabbats, ce qui ne leur est pas permis!

25 En réponse il leur dit : Jamais vous n’avez lu ce que fit David lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim lui et ceux qui étaient avec lui?
26 Entrant dans la maison de Dieu il mangea les pains de la présentation; et il donna à ceux qui étaient avec lui, lesquels [pains] il n'est pas permis de manger sinon aux prêtres seuls. 27 Or je vous dis: 28 Il est Seigneur, le fils de l’homme et du sabbat.


épis
L'épisode se déroulait entre Pessa'h et Shavouot, les sept semaines durant lesquelles les prémices du blé réservées aux seuls prêtres ne pouvaient être touchées et cueillies par et à l'usage des simples israélites; elle devaient être amenées au temple pour être offertes à la Pentecôte.
C'est pourquoi il fut reproché aux disciples d'avoir touché et mangé ces épis qui devaient revenir aux prêtres. 
Mais le blé n'allait-il pas devenir une image de la parole semée et de la moisson de disciples qui l'accompagnait? N'allait-il surtout pas devenir la matière première du “Pain de Vie” ?
Ce symbolisme du blé est à prende en compte parmi les raisons pour lesquelles Jésus justifia ses disciples auprès des pharisiens. Il le fit en prenant exemple sur David : celui-ci  avait été oint par Samuel,  (cf.1S16,13), d'une onction qui le plaçait au rang des prêtres; elle l'autorisait à s'approprier les pains d'offrande j'usqu'à en disposer pour ses compagnons. À son exemple, Jésus, qui avait été oint lors de son baptême, accomplissait un geste messianique en réservant les prémices du blé à ses disciples. Que ceux-ci se soient ou non trouvés dans un état de nécessité n'importait pas.
Ainsi le jour du sabbat n'était pas en cause ni sa transgression, mais l'appropriation des offrandes sacrées.

La période était en effet celle des “σάββασιν”, un datif pluriel de la troisième déclinaison correspondant aux sept semaines séparant la fête de Pessa'h de celle de Shavouot. Ces 7 semaines qui sont dénommées“chabatot” dans le texte hébreu de Lv 23,15 étaient appelées σάββασιν dans le lexique grec utilisé par Luc.
Le datif de la seconde déclinaison σαββάτοις est le pluriel habituel du sabbat; il se rencontre dans le codex Vaticanus (B03) en Mt 12.1; cela manifeste que les traducteurs comme les copistes ne faisaient pas de différence entre les deux ; Marc et Matthieu non plus. Dans cet épisode ce n'est pas, répétons-le, la transgression du sabbat qui était en cause mais la période entre la Pâque et la Pentecôte. En précisant que c'était le sabbat “second-premier” Luc indiquait le  premier sabbat du second mois de l'année liturgique débutant au printemps, soit deux à trois semaines après la Pâque.

Matthieu en écrivant “ce qu'il n'est pas permis de faire au sabbat” avec le singulier, et Marc en concluant l'épisode par “il est Seigneur, le fils de l’homme et du sabbat” pensaient manifestement que le reproche des Pharisiens portait sur un travail fait le jour du sabbat. Mais ce n'était pas le cas puisque l'exemple pris à David ne portait pas sur cet aspect de la loi.

D'autre part leur formulation à tous deux incluait David dans l'interdit de manger des pains d'offrande; ils n'avaient donc pas pris en compte l'onction reçue de Samuel et qui le plaçait sur un plan d'égalité avec les prêtres.
Car, bien que la rédaction de Marc suive de très près celle de Luc, la différence porte sur les pronoms : “à ceux qui” représentant les compagnons chez Luc est devenu “lesquels” représentant les pains en Marc ; il s'en est suivi chez ce dernier une faute de syntaxe (qui se retrouve en Luc dans le Texte Alexandrin retouché d'après Marc... ).
Quant à Matthieu, il a très clairement inclus David dans l'interdit de manger l'offrande sacrée.

En reprenant le datif σάββασιν, il apparaît que Marc et Matthieu ont fait à Luc un emprunt dont ils ignoraient la teneur exacte ; ils ont cherché à donner un sens à l'épisode en fonction des interdits du sabbat, mais sans établir de lien logique avec l'exemple pris à la vie de David. En incluant ostensiblement celui-ci dans l'interdit de manger les pains d'offrande, ils ne lui ont pas reconnu cette messianité revendiquée implicitement par Jésus le “Fils de David”.

5 Ou bien n'avez-vous pas lu dans la loi que durant les sabbats les prêtres dans le temple profanent le sabbat et sont innocentés ?
Au temple le sacrifice quotidien, faisant appel à l'utilisation du feu, passait avant la nécessité de respecter le sabbat. Ce verset vient appuyer la compréhension que Matthieu avait de l'épisode des épis de blé.

6 Je vous dis en effet qu'il y a plus grand que le temple ici.
Ce verset qui à son parallèle au v 41, suscite la même réflexion et plus encore.

8 En effet il est seigneur du sabbat le Fils de l'homme.
En se considérant maître du sabbat, le Fils de l'homme peut s'autoriser à l'enfreindre ou à en reformuler les lois. Le codex Bezæ présente ici la même leçon que le Texte Alexandrin.
Toutefois plusieurs manuscrits (f1 33 157 788 1424) détiennent la leçon dans le même ordre des mots que Marc ou que Luc selon le codex Bezæ :
Seigneur Il est, le Fils de l'homme et du sabbat”.
Le mot fils n'a pas été répété devant sabbat car le καὶ = et  l'en dispensait, ce qui amène à comprendre : “fils de l'homme et fils du sabbat”;
Si donc le Fils de l'homme se dit lui-même “fils du sabbat”, cela signifie qu'il le respecte. Et c'est dans ce respect et de l'humanité et du sabbat que le Fils de l'homme se manifeste comme Seigneur.
Sous le nom κύριος = seigneur ou maître il faut lire l'hébreu אדון et comprendre seigneur dans le sens de l'homme libre, réellement libre et humain.

10 Et ils l'interrogèrent en disant si il est permis, les sabbats, de soigner. Afin de l'accuser.
La phrase centrale formulée par des adversaires de Jésus commence par une εἰ, si ; Habituellement, tant en grec qu'en français, cette conjonction ne commande pas une question.
Le verset est issu de son parallèle lucanien : “Vous demanderai-je si il est permis le sabbat de faire bien ou mal, de sauver ou de perdre une âme?” Lc 6.9. Une question déconcertante, car Jésus, qui n'attendait pas de réponse de la part de ses adversaires, ne s'adressait pas directement à eux, sachant ce qu'ils tramaient ; en effet, à sa sortie de la synagogue ils  cherchèrent comment le perdre.
Matthieu a raccourci son parallèle et placé la question de Jésus sur les lèvres des adversaires ; il l'a retouchée, non sans une certaine gaucherie ; il a introduit à la suite de cet épisode un raisonnement a fortiori qui se retrouve en deux péricopes lucaniennes (Lc 13.14 & 14.3).

22 On approcha alors de lui un démoniaque aveugle et muet et il le soigna au point pour le muet de parler et de voir.
Se surajoute l'aveuglement à un épisode déjà rapporté en 9.32 et ici l'acte de Jésus porte sur la guérison physique et non sur l'exorcisme ; pourtant l'épisode est suivi de paroles sur l'expulsion des démons.
La répétition d'expressions, de versets ou même d'épisodes est un principe rédactionnel dnas l'Évangile de Matthieu.

épis
temple de Baal shamin à Palmyre
27  Si moi par Beelzeboul j'expulse les démons, vos fils par qui les expulsent-ils ?...
28 Mais si moi par l'Esprit de Dieu j'expulse les démons, c'est donc qu'a pris le pas sur vous le royaume de Dieu !

Le dieu Baal-Zeboub (בַעַל זְבוּב) est nommé une fois dans la Bible :
 “À Samarie, Ocozias tomba du balcon de sa chambre haute. Il se fit très mal. Il envoya des messagers et il leur dit : Allez consulter Baal-Zéboub, dieu d’Éqrone, pour savoir si je guérirai de ce mal.” 2 Rois 1:2.
Cette divinité vénérée en Phénicie devint une image du prince des démons. Le terme hébreu זְּבוּב, zébub, (Ecclesiaste 10:1 ; Isaïe 7:18 ) désigne les insectes comme la mouche. Dans la bouche des pharisiens Baal Zéboub  revêtait une connotation négative comme une raillerie qui se ressent jusque dans les paroles de Jésus.
Dans le parallèle lucanien Jésus disait au conditionnel chasser les démonspar le doigt de Dieu”  faisant ainsi allusion à la troisième plaie qui avait attiré sur l'Égypte des nuages de mouches ; Moïse fut appelé “doigt de Dieu” (Ex 8,19) par les magiciens égyptiens qui ne purent reproduire le même prodige. En reprenant cette expression, Jésus établissait un lien implicite entre Baal-Zéboul et l'étymologie hébraïque de son nom, ce que semble avoir ignoré Matthieu qui parlait de l'Esprit Saint au lieu du doigt de Dieu.


“Le signe de Ἰωνᾶ ”
39 de signe il ne te sera pas donné d'autre que le signe de Jonas le prophète.

Le livre de Jonas offre trois “miracles” :
  1. la survenue d'un grand poisson qui avala le prophète avant de le rejeter sans dommages sur le rivage;
  2. la proclamation prophétique de Jonas qui produisit la conversion des gens de Ninive ;
  3. le dessèchement inopiné du ricin à l'ombre duquel Jonas exprimait sa rancœur.
 Selon Matthieu c'est au premier des trois que Jésus pensait ; c'est pourquoi le verset qui lui fait suite en offre un développement expicatif.
Selon Luc Jésus pensait au second, la conversion de Jonas ayant entraîné celle des Ninivites. Il n'y avait pas de développement explicatif, la prédication de Jonas étant un thème très connu de la spiritualité juive. Or en Luc dans le codex Bezæ se trouve inséré le développement de Matthieu :


Luc XI codex Bezæ
Matthieu XII
Luc XI Texte Alexandrin
29 “Cette génération est une génération mauvaise; elle demande un signe ! En fait de signe il ne lui en sera pas donné, sinon le signe de Iona.
39 Génération mauvaise
et adultère à la recherche de signe ! Et de signe il ne te sera pas donné d'autre
que le signe de Jonas le prophète.
29 Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe ! En fait de signe il ne lui en sera pas donné, sinon le signe de Iona.
30a Car, de même que Iona devint un signe pour les Ninivites, de même aussi le Fils de l’homme pour cette génération.
30 Car, de même que Iona devint un signe pour les Ninivites, de même aussi le Fils de l’homme en sera un pour cette génération. 
30b Et comme Jonas dans le ventre du monstre marin fut trois jours et trois nuits, ainsi aussi le Fils de l'homme dans la terre. 40 Car comme Jonas dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits, ainsi sera le Fils de l'homme
au cœur de la terre trois jours et trois nuits.

31 La reine du Midi sera réveillée […]  avec les hommes de cette génération et elle les condamnera ; en effet elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et voici plus que Salomon ici ! 42 La reine du Midi
se lèvera au jugement
avec cette génération et elle la condamnera parce qu'elle vint des confins de la terre
entendre la sagesse de Salomon et voici plus que Salomon ici.


31 La reine du Midi sera réveillée au jugement  avec les hommes de cette génération et elle les condamnera ; en effet elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et voici plus que Salomon ici!


41 Des hommes Ninivites se lèveront au jugement avec cette génération et ils la condamneront car ils se sont convertis à la proclamation de Jonas et voici plus que Jonas ici. 32 Les hommes de Ninive se lèveront au jugement, avec cette génération et ils la condamneront, car ils se sont convertis à la proclamation de Jonas, et voici  plus que Jonas ici


épis
Le nom Jonas qui traduit le grec Ἰωνᾶ est la transcription de l'hébreu יונא qui signifie “colombe”. Le gémissement de la colombe était pressenti  dans l'Antiquité comme une expression divine, et le livre du prophète Jonas s'offre comme une métaphore de la voix divine appelant les hommes au repentir.  En Luc 11.29 (D05, B03), Jésus disait “sinon le signe de Ἰωνᾶ” sans ajouter qu'il s'agissait du prophète de ce nom ;  or en hébreu אות יונה pourrait être traduit par “le signe de la colombe”. Les  interlocuteurs de Jésus comprenaient ainsi qu'il parlait de la “bat kol”, la voix divine appelant à la conversion.
- Et que gémissait-elle par la bouche du prophète ?
-“Encore quarante jours et Ninive sera détruite”.

La précision apportée en Matthieu “Ἰωνᾶ le prophète” ne permet pas cette lecture et “le signe du prophète Jonas” est accompagné de la mention du monstre marin engloutissant le prophète avant qu'il ne le recrache sur le rivage sain et sauf ; ce signe constitue une image typologique du passage du Christ par la mort.

épis
Mosaïque de la basilique d'Aquilée, IVs
Or , de manière contradictoire, cette image typologique se trouve aussi en Luc, mais dans le seul codex Bezæ au v.30b. Appartenait-elle initialement au texte ou bien est-elle le résultat d'un glissement de Matthieu vers Luc ?
Ce verset 30b fait double emploi avec la première partie du verset ; il n'y a pas vraiment sa place ;  on peut conclure à un ajout par le copiste du codex Bezæ, ou de son ancêtre, qui aura reporté en Luc ce qu'il lisait en Matthieu.

La formulation offerte en Matthieu affirme pour le Fils de l'homme un temps de trois jours et trois nuits passé au cœur de la terre . Or si Jésus avait annoncé qu'il se lèverait le troisième jour (Mt 18.21), du vendredi après-midi à l'aube du dimanche on compte seulement un temps d'une journée et d'une nuit plus quelques heures, et non trois jours et trois nuits. 
D'autre part l'image se focalise sur le passage par le ventre du poisson symbolisant la mort alors que c'est la Résurrection qui est le “signe” par excellence.

  42“Et voici plus que Salomon ici ” : Connue jusqu'aux confins de la terre, la sagesse de Salomon n'en était pas moins relative ; elle ne saurait être comparée à l'enseignement de Jésus.
41“Et voici plus que Jonas ici” : Jonas ne redisait-il pas ce que Dieu lui demandait? Aussi, qu'est-ce qui pouvait être plus que lui ?
6“Il y a plus grand que le temple ici”; cette phrase du v 6 est construite comme les deux précédentes. Or Jésus considérait la Maison de Dieu comme sa propre maison (Mt 21.13); n'est-ce pas contradictoire ?
 
Le verset 41 de Matthieu ne figure pas en Luc dans le codex Bezæ, ni dans les mss P45 et 1241; dans le Texte Alexandrin il vient après le v31 concernant la reine du Midi venue entendre Salomon et se retrouve un peu mal placé. En outre, il comporte l'expression “au jugement” qui est un thème matthéen.
Le texte court de Luc avec les versets 29, 30a et 31 (texte en vert) apparaît comme la rédaction initiale revue par Matthieu qui transforma le v 30a en son v 40  et ajouta le v.41. Le copiste du codex Bezæ introduisit en Luc le v30b et un autre copiste le v 32 dans le Texte Alexandrin.

Jésus et les siens
46 Comme il s'adressait aux foules, voici que sa mère et ses frères se tinrent dehors cherchant à lui parler. 47 Quelqu'un lui dit : Voici que ta mère
et tes frères se sont tenus dehors
cherchant à te parler
.
L'emploi du plus que parfait suggère que la famille de Jésus était repartie au moment où l'on vint lui annoncer qu'elle cherchait à lui parler.

Matthieu XII.50 Marc III.35 Luc VIII.21
Car celui qui fait la volonté de mon Père
lui dans les cieux
de moi il est frère, et sœur et mère.
Car celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est de moi frère et sœur et mère. Ma mère et mes frères ceux-là sont les écoutant la parole de Dieu et agissant.

Selon Marc et Matthieu celui qui agit conformément à la volonté divine devient pour Jésus un proche comme un frère, une sœur ou une mère.

Selon Luc Jésus donnait la préférence sur les siens à ceux qui agissent d'après la parole de Dieu. Et ne semblait-il pas éconduire ses proches ?
Or, à l'inverse, sa parole peut être lue comme une louange implicite : les premiers à L'écouter et à agir n'étaient-ils pas sa mère et ses frères ?