Commentaire de l'Évangile de Luc selon le codex Bezæ Cantabrigiensis, chapitre 19







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Luc XIX


2 -Un homme du nom de *[appelé ] Zachée.
Appelé, n'est pas dans le codex de Bèze; or il vient signaler un nom reçu par vocation (1,13), ou un surnom ( 6,15, 8,2); mais c'est là une surcharge source de contradiction, puisque onomati = du nom de, auquel il est accolé fait référence au nom transmis par le père (Lc 1,5, 10,38, 16,20, 24,50). Si Zachée était le nom paternel de ce collecteur d'impôts, ce ne pouvait être en même temps son nom personnel ou son surnom. Zachée est la translation grecque d'un nom hébreu Zakai, donc reçu de la tradition patriarcale, et qui signifie "pur" (cf Esdr 2,9).



9 -"aujourd'hui le Salut dans cette maison-ci advint".
[...le salut pour cette maison-ci...]
Le Salut est arrivé dans la maison; car sous le mot Salut peut se laisser entrevoir la personne même de Jésus, Salut incarné parmi les humains. Salut promis aux fils d'Abraham (comme en 13,16), selon une extension plus large qu'à la seule royauté davidique ou à la maison de Jacob.
11 -Ajoutant, il dit une parabole.
Jésus "ajoutait" une parabole; cette phrase introductive est unique dans son oeuvre et de ce fait retient l'attention. Jésus ajoutait cette parabole à l'évènement qui venait d'avoir lieu (la conversion de Zachée), comme une explicitation ou une conclusion. La parabole qui fait suite demande donc à être lue en lien étroit avec la situation de Zachée, le collecteur d'impôts.
14 - Or les citoyens mandatèrent une délégation derrière lui
[Or ses citoyens envoyèrent une délégation derrière lui]
Le vocabulaire de la parabole emprunte une dizaine de termes au domaine institutionnel, juridique ou économique. Selon Né2,5, le verbe rare em-pempw s'emploie pour un mandatement de caractère officiel; dans le cas présent, il était fait au nom des citoyens dont l'assemblée disposait d' une reconnaissance juridique. Ces citoyens n'étaient pas encore dits "les siens", puisqu'il n'avait pas encore reçu autorité sur eux.
17 - Dans le plus minime tu as été fidèle...
Une phrase qui n'est pas sans rappeler la fidélité envers l'injuste Mammon (Lc 16,9-13). Avec un vocabulaire pris à l'expérience du pouvoir juridique et financier, et des allusions très précises à la vie d'Archélaüs (AJ, XVII,342), comment les auteurs à commencer par Matthieu (Mt25,14-30) ont-ils pu voir dans cette parabole une illustration de la royauté de Dieu? Il y a là une méprise plus qu' inquiétante...
Si Jésus avait ajouté une parabole au récit précédent, c'était en vue de deux choses: préciser le contexte dans lequel se déroulait la conversion de Zachée, le collecteur d'impôts, et dénoncer la tyrannie des pouvoirs. En effet les collecteurs d'impôts avaient des comptes à rendre à une autorité qui par leur intermédiaire faisait sentir le poids de l'argent aux populations. Cette parabole a-contrario montrait ce que n'était pas la royauté de Dieu. L'évangéliste Matthieu a sorti cette parabole de son contexte et l'a réinterprétée comme une image de talents donnés par Dieu ! C'est bien à Luc qu'il l'a empruntée (et non à une mythique source Q), puisqu'elle n'a de sens réel qu'en fonction du contexte lucanien. Les contradictions apportées par Matthieu sont si criantes qu'elles ont embarrasé plus d'un auteur , qui par n'importe quel moyen ont essayé de justifier la tyrannie du maître (comme la psychanalyste Marie Balmary , Abel ou la traversée de l'Eden, Grasset,1999, p64-104).

25 -*** [ Et ils lui dirent : Seigneur il a dix mines!]

27 Puis expulsez l'esclave inutile vers la ténèbre du dehors; là sera le pleur et le grincement de dents,
[...]
Cette citation qui est toute Matthéenne, se rencontre plusieurs fois sous sa plume de l'évangéliste qui se représentait Dieu donnant l'ordre de jeter dans la géhenne (Mt 5,22, 13, 42,50, 22,13, 24,51, 25,41,46). Cette théologie n'est pas celle de Luc pour qui, celui qui jette dans la géhenne, est “celui qu'il faut craindre” et derrière lequel se laisse discerner Satan (cf 12,5; 13,28).
Cette interpolation significative de Mt 25,30, ne cadre pas ici puisque le maître n'est pas Dieu; le récit lucanien n'offre pas une image de la royauté de Dieu, mais de la tyrannie du pouvoir de l'argent telle qu'elle fut exercée par Archélaüs visé par cette parabole; celui qui osait y redire et s'opposer, se voyait retirer tout ce qu'il possédait, jusqu'à se faire égorger devant lui.
28 - Jérusalem
Le nom de la ville est dans son écriture la plus courante (cf note sur 13,22).


Luc 19.30 D05 Luc 19.30 D05 corrigé Marc 11.3
30 - Et étant entrés vous trouverez un ânon. 31 - Et si quelqu'un vous interroge vous répondrez simplement que: le Seigneur en a besoin". 32 - Etant allés, 34 - Ils répondirent que "le Seigneur en a besoin" 30 - Et étant entrés vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun humain jamais ne s'est assis; l'ayant délié, amenez-le 31 - et si quelqu'un vous demande pourquoi le déliez-vous? Vous répondrez simplement que: le Seigneur en a besoin. 32 - Etant partis, les envoyés trouvèrent comme il le leur avait dit ; 33 - ayant délié l'ânon, ses maîtres leur dirent: pourquoi déliez-vous l'ânon? 34 - Ils répondirent que "le Seigneur en a besoin" en entrant, vous trouverez un ânon attaché sur lequel aucun des humains ne s'est assis. L'ayant détaché, amenez-le.
3 Et si quelqu’un vous dit : Pourquoi déliez-vous l'ânon? Dites que le Seigneur en a besoin et qu'il le renvoie ici tout de suite.
4 Et s'en allant, ils trouvèrent un ânon attaché dehors près d’une porte, dans la rue.
Ils le détachent. 5 Quelques-uns de ceux qui se trouvaient là leur dirent :Que faites-vous à détacher l'ânon?  6 Ils leur répondirent comme Jésus le leur avait dit et on les laissa.
La fin du verset 30 a été rajoutée entre les lignes par un correcteur, tant dans le texte grec du codex de Bèze que dans la version latine; elle ne se trouvait donc pas dans l'original; mais pas plus que les versets 31 à 34 elle ne constitue un manque réellement gênant pour la compréhension du récit. Les ajouts sont issus de Mc 11, 2-6;  Jésus envoyait deux disciples chercher un ânon, comme s'il en avait convenu d'avance avec le propriétaire et les disciples devaient se faire reconnaître par ce mot de passe: "le Seigneur a besoin de lui" . Comme cela se passait près de Béthanie, où Jean situait la maison de Marthe et Marie (Jn 12.1-3), il est tentant de penser que l'ânon fut offert à Jésus par les deux soeurs qui devenaient ainsi figure de la fille de Sion selon la prophétie de Zacharie: "Je camperai auprès de ma maison montant la garde contre ceux qui passent et repassent; plus aucun tyran ne l'accablera au passage, car à présent j'y veille de mes propres yeux; tressaille d'allégresse, fille de Sion! Pousse des acclamations fille de Jérusalem! Voici que ton roi s'avance vers toi; il est juste et victorieux, humble, monté sur une bête de somme, sur un ânon tout jeune" Za 9, 8-9.

Dans le récit de Marthe et Marie restitué par Luc au chapitre 10, Jésus aurait dit à Marthe : il n'est besoin que d'une chose; Marie a choisi la meilleure part (Lc10,42). Le premier membre de phrase n'est pas dans le codex de Bèze. Il établit un  second lien entre l'épisode évangélique et le psaume 16 avec l'expression "avoir besoin" qui apparaît quatre fois seulement dans la Septante; le premier lien est la "part"  un terme lui aussi peu fréquent. Jésus était la “part” choisie par Marie, et Lui avait eu besoin de peu de choses: leur ânon.
Entrée à Jérusalem par Benjamin Haydon, Cincinati, 1814
35 - Et amenant l'ânon, ils jetèrent leurs manteaux sur lui, et firent monter Jésus dessus. 36 - Comme il avançait, ils étendaient dessous leurs manteaux.
[dessous leurs manteaux sur le chemin]
Étendre son manteau au passage du roi était un signe d'allégeance (cf 2R9.13). C'est ce que firent les disciples en acclamant Jésus roi. En y adjoignant des feuillages, les parallèles synoptiques et Jean réorientaient ce geste dans un sens liturgique.

37 - toutes ces (choses) advenues qu'ils virent.
[ces actes de puissance qu'ils virent]
L'accent est mis non sur les actes de puissance mais sur le messianisme : ce qui advient par Celui qui vient.

38 -Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur! Béni soit le roi ! D05, 157, It, Syh
[Béni soit celui qui vient, le roi, au Nom du Seigneur! ]
Le Texte Occidental présente deux acclamations correspondant à deux attentes: Ces acclamations rejoignaient l'attente des deux Messies effleurée en Luc 7,19-20.
Le Texte Alexandrin qui ne marque plus cette double attente tend à atténuer l'acclamation royale en la ré-ordonnant par rapport à Dieu, le roi qui vient au nom du Seigneur. Il rejoint les parallèles synoptiques dont les acclamations revêtaient un caractère spirituel et liturgique.
En effet, l'acclamation royale restituée par Marc (11,10) se révèle dénuée de caractère politique réel: «Bénie la royauté qui vient, de notre père David».
Le terme roi (ou royauté) a été gommé dans le parallèle de Matthieu.

40 -Si eux gardent le silence les pierres s'écrieront
[Si eux ne parlent pas les pierres crieront]
Le choix des verbes dans le codex de Bèze incite à interpréter cette parole avec prudence. Les pierres n'allaient pas dire leur louange à Dieu, mais crier par elle-mêmes, selon un verbe réservé en Luc au cri des démons. N'était-ce pas le silence des disciples dans la Passion qui allait faire leur jeu en laissant la foule crier  “supprime-le, supprime-le”?

44 -Ils ne laisseront pas pierre sur pierre en tout toi.
La globalisation avec "tout" n'a pas été reçue du texte standard; paraissait-elle exagérée?
Luc a été le seul à annoncer la fin de Jérusalem en termes aussi réalistes et avec la réitération : reviendront des jours. Or sa vision n'a pas d'antécédent biblique strict ; aucun prophète n'a décrit comme lui le siège de la ville. Cette vision envisageait-elle uniquement la guerre de 70 ou bien englobait-elle la réitération de 135? N'était-ce pas une prophétie (plutôt qu'un récit à posteriori comme on le lit si souvent)?
En tous cas Luc n'a été suivi ni par Marc ni par Matthieu ni par Jean qui ont comme enfoui l'annonce de la destruction du temple au milieu des scènes d'apocalypse et de fin des temps, et en faisant l'impasse sur celle de la ville.

En contrepartie du fait que tu n'as pas connu au moment voulu de ta visite.
[tu n'as pas connu le temps de ta visite]
εἰς καιρὸν est une expression signifiant : au moment opportun, au temps voulu.
οὐκ ἔγνως du verbe connaître (à ne pas confondre avec reconnaître, cf Lc1,4); le verbe qui est sans complément d'objet peut être pris au sens absolu selon l'exemple d'Ex 2,25. A l'inverse, au temps de sa visite, Jérusalem n'a pas connu. Elle n'a pas établi de relations avec Celui qui la visitait.
Sinon un lien peut s'établir avec le v.42, où le verbe connaître a un complément d'objet direct : les (conditions) en vue de la paix; ce complément est peut-être sous-entendu ici.
45 L'expulsion des marchands du temple
Luc 19.45 Texte standard Luc 19.45, D05 Λ It Sys Marc 11
Et étant entré dans le Temple, il commença à chasser ceux qui vendaient. Et venant au temple, il commença à chasser ceux qui vendaient en lui, et ceux qui achetaient, et il renversa les tables des changeurs et les sièges des marchands de colombes. 15 Et entrant à Jérusalem,
lorsqu'il était dans le temple,
il commença à chasser là
ceux qui vendaient et achetaient dans le temple ; il renversa les tables des changeurs et les sièges des marchands de colombes, 16 et il ne laissait personne transporter quelque chose à travers le temple.

La leçon longue du codex Bezæ pourrait résulter d'une interpolation de Mc 11,15 (ou Mt 21,12) si elle n'était soutenue par l'Itala et la traduction syriaque. La leçon courte découle peut-être de la difficulté à comprendre les réactions de Jésus contre un commerce nécessaire à l'administration du temple.
Shekel de Tyr, 44/45 AD
 La taxe d'1/2 Shekel équivalent de la drachme était perçue chaque année durant le mois précédant la Pâque par l'administration du temple de Jérusalem. Étaient soumis à cette taxe les Israélites âgés de plus de 20 ans qu'ils soient lévites,  prosélytes ou hommes libres. Les prêtres en étaient exempts ; les femmes les esclaves, les enfants, les samaritains et les païens ne la payaient pas (Ex 30,11-16 Talmud Shekelim 1a). Elle fut requise en pièces d'argent en provenance des ateliers de Tyr réputés pour la pureté de leur métal, et indépendamment du fait que les pièces aient porté l'effigie du dieu tyrien Melkart-Héraklès à l'avers et un aigle au revers.  Ces ateliers créés à l'indépendance de la ville en 125 av JC furent fermés en 65AD lorsque sous Néron ils furent déplacés à Antioche.
À partir de 18 av JC des pièces de moins belle exécution et portant la marque ΚΡ au revers, ont été trouvées en majorité en Judée Galilée et Samarie ; cette phrase du Talmud “l'argent mentionné dans la Torah est de l'argent Tyrien. Qu'est-ce que l'argent Tyrien? Il est Jérusalémite” (Kethuboth 13,20) a fait dire à Meshorer (“The Holy Land in Coins, March 1978, Biblical Archaeology Society) que des ateliers avaient pu être déplacés de Tyr à Jérusalem.
Et bien que l' introduction de ces monnaies à effigie dans le trésor du temple ait dérogé aux lois de la Torah (Ex 20.4; Dt 5.8), le traité talmudique Shekalim consacré à ce sujet n'a répercuté aucun débat sur l'iconographie concernée.
À l'extérieur de la Judée, cette taxe était recueillie dans les synagogues et acheminée de toutes les parties de la diaspora jusqu’à Jérusalem par des notables sous escorte avec l'autorisation expresse de l'empereur. Elle soulevait des contestations dans les villes d'où elle était acheminée ; son vol fut décrété “sacrilège”. Ce n'est donc pas sans risques que s'effectuait cette collecte monétaire à travers laquelle se constituait la nation car l'attachement au trésor du temple allait de pair avec l'attachement à Dieu sans qu'il soit possible de les séparer ou de les dénouer.

Comment comprendre qu'entre 26 et 40AD, les autorités et le peuple se soient émues aussi fortement et à quatre reprises de la violence qui leur était faite par l'introduction à Jérusalem d'images dédiées à l'empereur, qualifié de divin ?
Cette taxe manifestait à quel point religion et superstition, politique et idéologie, économie et richesses demeurent intrinsèquement liées au point de ne pas être dissociables.

(bibliogr. : Cicéron, Contre Flaccus, XXVIII ; Jean Juster, Les Juifs dans l’empire romain: leur condition juridique, économique et sociale, I, 1881, p 380sq Marius Heemstra, the Fiscus Judaïcus and the parting of the ways, 2010. David Hendin, Surcharge of the money Changers, 2015).

Les sièges des marchands de colombes
Avec καθέδρας il faut entendre à la fois le siège physique et le commerce qui s'y rattachait ; s'il donnait lieu à surenchère, le contraste offert avec les moins aisés à qui étaient réservés les sacrifices d'oiseaux pourrait avoir été un des facteurs déclenchants de la colère de Jésus.

46 -Il est écrit que ma Maison est une maison de prière et vous vous en avez fait une caverne de brigands.
[Il est écrit : Et ma Maison sera une maison de prière]
Si la première partie de la phrase rappelle Is 56.7 (car ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples), Jésus exprimait sa colère dans la mouvance du prophète Jérémie :
“Voici, vous faites confiance sur des paroles trompeuses, sans aucun profit. Ne dérobez-vous pas? Ne tuez-vous pas? Ne commettez-vous pas l' adultère? Ne jurez-vous pas faussement? Ne faites-vous pas des encensements à Baal? N'allez-vous pas après les dieux étrangers, que vous ne connaissez point? Toutefois vous venez, et vous vous présentez devant moi dans cette maison, sur laquelle mon Nom est invoqué, et vous dites : nous avons été délivrés pour faire toutes ces abominations. Cette maison, sur laquelle mon Nom est invoqué devant vos yeux, n'est-elle pas devenue une caverne de brigands? et voici, moi-même je l'ai vu, dit le Seigneur.”Jr 7.8-11

Si la violence des actes de Jésus et ses paroles cinglantes avaient pour but d'ouvrir les yeux aveuglés par le pouvoir exercé par l'or & l'argent, sa colère tenait-elle compte du contexte dans son entier ?
Car il faut rappeler qu'en 19 AD à Rome, par un senatus consulte, les Juifs dont le nombre pouvait se monter à 20 000 furent expulsés de la ville quand ils ne furent pas déportés et exterminés. Était en cause l'acheminement au temple de Jérusalem de la taxe du temple perçue sur une prosélyte romaine. Séjan commandait alors la garde prétorienne ; ayant su prendre de l'ascendant sur Tibère qui, s'isolant à Capri dès 26 lui laissait la régence, il préparait une persécution des Juifs dans l'empire; c'est dans ce contexte préoccupant que se déroulait l'épisode des évangiles.
La parabole des mines comme illustration de la pression fiscale exercée par le politique montre que Jésus n'ignorait pas les forces en présence. Toutefois, sa position dualiste par rapport à l'argent avait quelque chose d'irréel tant elle était sans concession  : “Aucun domestique ne peut de deux seigneurs être esclave; en effet ou bien il haïra l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et ne fera aucun cas de l'autre. Vous ne pouvez de Dieu être esclave et de Mamon. En entendant cela les pharisiens amoureux de l'argent le raillaient. Aussi il leur dit : Vous êtes ceux qui se justifient eux-mêmes devant les hommes; mais Dieu connaît vos coeurs ; ce qui est porté aux nues parmi les hommes est en abomination devant Dieu.” Lc 16.13-15.
“Inutile d'en souligner la fortune funeste au cours des siècles...En imputant l'idolâtrie de l'argent aux Pharisiens, globalement érigés en figures électives des Juifs — et l'on n'ignore plus la postérité et la prospérité de ce stéréotype depuis le récit des Évangiles...— une double offense se commet contre la vérité des relations entre le Judaïsme et l'argent.” Raphaël Draï, Jésus, TII, p 92.