Soixante-Douze Disciples

 


Fragment de La Septante

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sandale romaine









Luc Chapitre X
La multiplication des Douze


1  - Alors il  en confirma   aussi d'autres, 72 .
 [Or après cela le Seigneur désigna 70 autres].
72 est à rattacher aux 72 traducteurs de la Bible grecque.
Selon la Lettre d'Aristée, ils avaient été six de chacune des douze tribus d'Israël, à traduire la Torah, de l'Hébreu en Grec; la lettre d’Aristée , elle-même, avait été élaborée à partir de 72 réflexions.

la Bible grecque prit le nom latin, abrégé, de Septuagint , LXX, à une date qu'il est difficile de préciser (cf Augustin, Cité de Dieu ch 42); le nombre de 70 traducteurs avait été adopté dans la Patristique dès l'époque d' Irénée. Soixante dix était le symbole du conseil de Moïse ou encore du grand Sanhédrin, mais surtout des 70 nations énumérées en Gn 10. Ce nombre fut répercuté dans les Antiquités juives dont le texte initial fut retouché (AJ XII, 12–118), puisqu'en rappelant la lettre attribuée à Aristée , Flavius Josèphe mentionnait l'envoi de six traducteurs par tribu.

Cette préférence pour le chiffre 70  s'est  répercutée sur le nombre des disciples envoyés par Jésus ; celui de 72 transmis par le codex Vaticanus B, codex Bezae D, et le papyrus Bodmer (P75) fut remplacé par celui de 70 dans les codicii Alexandrinus et Sinaiticus, de tradition plus récente.
L'envoi des disciples ne s'était pas fait sans préparation; le nombre douze est inscrit six fois (Luc 8:1,42,43; 9:1,12,17) , entre le moment où Jésus, entouré des Douze et de femmes disciples commençait à évangéliser et l'envoi des 72 en mission.
72 était le chiffre initial ; sa valeur était symbolique. Le cercle clos des Douze Apôtres se voyait élargir et multiplier pour l' annonce de la bonne nouvelle. Sur l'exemple de la bible traduite à l'intention des paîïens , la bonne nouvelle devrait parvenir un jour à ceux qui parlaient le Grec.
Le choix du verbe “ il confirma”, laisse entendre que les soixante-douze disciples avaient fait leurs preuves. Le même verbe en Ac 2:22   est relatif à Jésus qui, selon les paroles de Pierre, avait été "accrédité" par Dieu. 

il les envoya deux par deux  devant sa face:
L'expression “devant sa face” était dans le Benedictus de Zacharie, à propos de son fils Jean "Tu marcheras en avant devant la face du Seigneur” (1,76) ; elle fut reprise pour une citation faite par Jésus, toujours à propos de Jean: " j'envoie mon messager devant ta face" (7,27).
Or au ch.9 la lumière était projetée sur le visage même de Jésus :
- la ressemblance de sa face (9,29),
- il durcit sa face (9,51)
- "Il envoya des messagers devant sa face” ( 9,52 et 53).
Jean avait préparé le chemin au devant de Lui et, bien qu'il ait été décapité (privé de face), Jésus ne craignait pas de s'avancer à visage découvert, ni d'en envoyer d'autres devant lui, dans les villages où il pensait se rendre.
Le visage de Jésus sera évoqué une dernière fois lorsqu'on commencera à lui voiler le visage pour mieux le blasphémer en le frappant (22, 64). 

2 - De façon à ce qu'il fasse sortir des ouvriers pour sa moisson.
Le verbe s'emploie pour parler du produit de la terre ou des plantes.
Dans cette phrase succinte, Jésus invitait ses envoyés à prier le Père, le maître de la moisson, afin que de la nouvelle moisson d'âmes qu'ils allaient récolter, de nouveaux ouvriers puissent jaillir. Cette expansion des disciples de Jésus a pu être vécue comme un fruit de la vie du Baptiste par delà sa mort (cf v.1).
Pour avoir recours à l'image de la moisson, il est vraisemblable que les champs étaient sur le point d'être moissonnés.

4 - N'emportez ni bourse, ni besace, ni sandales, et ne saluez personne le long du chemin."
La recommandation du ch 9:3 faite aux 12 était la suivante: n'emportez rien en chemin ni bâton ni besace, ni pain, ni argent, ni n'ayez chacun deux tuniques. Ils ne partaient pas pour longtemps et devaient accepter d'être nourris en salaire de leur travail. Jésus en détaillait les modalités dans ce chapitre au versets suivants. En outre à l'interdit du bâton succédait celui des sandales contre lequel s'est élevé Marc dans son parallèle où Jésus recommandait de chausser des sandales (Mc 9:9) .

7 - Le travailleur est digne de son salaire

Jésus considérait que la proclamation de la Royauté de Dieu était un travail , un travail de thérapeute (Lc 9,1); ce travail méritait un juste salaire. Les envoyés partaient pour une journée et ne devaient pas craindre de recevoir leur nourriture matérielle en échange de la nourriture spirituelle. Jésus les comparait ainsi aux lévites (Nb18,30-31).
Paul citera Luc en 1Tm5,18.

12 - Or je vous dis que  pour Sodome , ce sera plus tolérable dans la royauté de Dieu, que pour cette ville là!
[...pour Sodome ce sera plus tolérable en ce jour là que pour cette ville là]
14 Pour Tyr et Sidon ce sera plus tolérable que pour vous;
*[ au jour du jugement]. 
La Royauté de Dieu serait-elle plus tolérable pour certains que pour d'autres ? Cette parole laisse entendre que le sort des uns et des autres n'est pas le même “dans la Royauté de Dieu”
Matthieu contourna cette problématique en remplaçant la Royauté de Dieu par le jour du jugement (Mt 11:24), puisque celui-ci n'est pas sensé s'éterniser ; les copistes ont alors retouché le texte de Luc en fonction de celui de Matthieu .

15 - Et toi Capharnaum seras-tu élevée jusqu'au ciel ou à l'Hadès descendras-tu?
La phrase est interrogative, formée de deux propositions contraires reliées par “ou”. Jésus ne prononçait pas une malédiction contre Capharnaüm, mais un avertissement; il mettait la ville devant le choix à faire entre deux voies s'ouvrant à elle, les cieux ou l'Hadès. Il ne menaçait  pas mais avertissait, une constante dans le codex Bezæ (cf notes sur 6:5, 20:19).

16 - Or celui qui m’écoute, écoute celui qui m’a envoyé.
[ Celui qui vous rejette, rejette celui qui m'a envoyé.]
Le verset est cité sous cette forme dans la première Apologie de Justin au §81. Dans les Constitutions Apostoliques, les deux leçons sont citées côte à côte.  
Les parallèles évangéliques suivent Luc 9:48 avec le verbe accueillir (Mc 9,37, Mt 10:40, Jn13:20) ; autre parallèle Johannique avec croire (Jn 12:44) et voir (Jn 12:45)].

17 - Seigneur même les démons nous sont soumis en ton Nom.
Les 72 nouveaux disciples avaient adopté une manière de faire, contestée par L'Apôtre Philippe (cf 9,48). Or en obtenant, au nom de Jésus, la soumission des démons,  ne reconnaissaient-ils pas, de facto, sa Seigneurie? N'est-ce pas de cela dont Jésus s'émerveillait dans l'Esprit Saint (v21)?

19 - Je vous donne le pouvoir...
[Je vous ai donné le pouvoir]

Bien que cela déconcerte, il n'est pas illogique de trouver un présent au lieu d'un parfait, dans la mesure où le pouvoir sur les puissances n'avait pas encore été donné officiellement aux Soixante-douze lors de leur envoi (v. 1 à 11), comme il l'avait été aux Douze en 9,1. La soumission des forces malignes n'était pas un but à atteindre, mais elle accompagnait la prédication dont elle était une condition. À leur retour, Jésus confirmait les disciples dans ce qu'ils avaient expérimenté. Il ne leur donnait pas le pouvoir des démons, comme semblait le comprendre Matthieu (Mt10,1), mais bien plutôt de les mettre sous leurs pieds ce qui était diamétralement opposé.
Dans les autres mss, donné au parfait pour une action accomplie par Jésus pourrait être d'influence Johanniste(cf Jn 14,29;15,3,11,15; 16,33 etc).

20 - Que vos noms soient écrits dans le ciel
[que vos noms aient été inscrits dans les cieux]
L'aoriste du codex Bezae indique le fait pur et simple : dans le ciel ont été inscrits les noms des disciples; et ceux-ci garderaient le pouvoir de les en effacer.
Avec le parfait dans les autres mss , l'inscription des noms dans les cieux était considérée comme définitivement acquise.
Concernant le ciel, en règle générale Luc utilise l'expression au singulier même au sens figuré.

21-Or  en cette heure là
Même expression qu'en 7,21; avec la préposition,  n'est pas indiquée une heure précise; l'expression signifie plutôt “à ce moment là”. Luc inscrivait un lien temporel et causal avec ce qu'il venait de relater.
Je te rends hommage, Père.
Le vocatif Père, non précédé de l'article, serait plus insistant; le verbe n'est employé qu'ici dans le codex Bezae, comme si Luc l'avait réservé à la louange du Père par le Fils.

*** 
[Et se tournant vers les disciples il dit.]
Cette phrase n'est ni en D ni en B, P45 P75 L f13; elle reprend le verset 23.

22a Tout m'a été livré depuis le Père,
[Tout m'a été livré par mon Père].
Dans tous les autres manuscrits, à la suite de Mt 11,27, il y a eu correction de la préposition ?π? par ?π? et l'ajout du pronom personnel devant Père"; ?π?, n'indique pas l'agent, mais l'origine (cf note sur 7,35). Est en jeu la relation du Père et du Fils.

22b personne ne connaît qui est le Fils sinon le Père, ni qui est le Père sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
Parole la plus profonde de l'Evangile, celle de la Connaissance mutuelle et réciproque du Père et du Fils en laquelle toute hiérarchie est abolie.

Jésus qui n'avait pas recruté ses disciples parmi les sages et les savants s'est réjoui auu retour des soixante douze disciples qu'il avait envoyés en mission, que le choix du Père se soit porté sur des enfants à la mamelle, des “nourrissons”; aussi, c'est à eux qu'il a révélé sa relation au Père.
Connaître qui est qui” ; en bon français la meilleure traduction serait “savoir qui est qui”. Ainsi seul le Père sait qui est le Fils et réciproquement. Il s'agit de l'identité de l'autre. Néanmoins la compréhension de ce verset à travers les générations a fait intervenir la connaissance : “Dans l’Hymne de jubilation, comme dans toute sa prière, Jésus montre que la vraie connaissance de Dieu présuppose la communion avec lui : c’est seulement en étant en communion avec l’autre que je commence à le connaître...Seul le Fils connaît vraiment Dieu, en étant dans une intime communion de l’être.” École de prière de Benoît XVI.
Cette compréhension traditionnelle repose en fait sur la lecture de Matthieu et confère au verbe reconnaître le sens de “connaître vraiment”. De fait elle passe sous silence le “qui est” du verset de Luc. C'est l'art qui rend le mieux ce qu'il semble nous dire.

Quarton

Pas un ne sait qui est le Fils sinon le Père ; pas un ne sait qui est le Père sinon le Fils.
C'est ce qu'a peint Enguerrand Quarton pour la Chartreuse de Villeneuve lès Avignon.
Les Chartreux lui avaient demandé de faire“figurer le paradis et dans ce paradis on doit voir la Sainte Trinité, sans aucune différence entre le Père et le Fils ; Le Saint-esprit doit avoir la forme d'une colombe avec Notre Dame devant, et placé comme il semblera préférable à Maître Engueran” Extrait du Prix Fait du 24 avril 1453.
Le Père et le Fils sont dans une si profonde union ou communion que la volonté du Fils est une seule chose avec celle du Père. Aussi, les Chartreux semblent avoir compris que, dans la Royauté de Dieu, seuls le Père et le Fils peuvent se distinguer l'un de l'autre et identifier l'autre comme Père ou comme Fils. Par là même, Jésus révélait son identité divine, son unicité avec le Père.

    Enguerrand Quarton, à la demande des Chartreux a peint l'Esprit sous son symbole, celui de la colombe et non sous l'aspect d'une personne semblable au Père et au Fils (comme a pu le peindre Andrei Roublev avec la tradition orthodoxe) ; car “pas un”, écrit avec οὐδεὶς, semble inclure l'Esprit.

24 - Beaucoup de prophètes
[Beaucoup de prophètes et de rois]
“prophètes et rois” comme le parallèle de Matthieu “prophètes et justes” (Mt 13:17) est ignorée des sources rabbiniques. Par l'ajout des "rois" , la phrase prenait un caractère plus emphatique.

25 - Or se leva un certain légiste
[Et voici un légiste, lequel se leva]
A partir de ce verset l'adjectif τΙς accompagne systématiquement l'entrée en scène d'un nouveau personnage, ce qui n'était que rarement le cas dans les chapitres précédents; il est généralement placé avant le substantif dans le codex de Bèze; inséré dans les autres manuscrits entre le substantif et le verbe, il peut être pris pour un pronom. Il n'est pas indispensable, mais sa présence systématique à partir de ce verset est symptomatique d' une pratique scripturaire donnée.
 
26 Dans la loi, il est écrit. Comment lis-tu?
[Dans la loi, qu'est-il écrit? comment lis-tu?]
Dans le codex Cantabrigiensis, il n'y a pas l'interrogatif τι dans la première phrase (il a été rajouté dans l'interligne, rmais tardivement, par un correcteur qui se fondait sur le latin correspondant ) ; aussi la première phrase qui est affirmative peut se comprendre ainsi : on a écrit dans la loi ; dès lors il convient de s'appliquer à la lire pour la comprendre en l'interrogeant; d'où la question de Jésus qui faisait suite: "comment lis-tu?".
Cette affirmation "Il est écrit" était prêtée à Satan dans l'épisode des tentations (Luc 4,4 et 8)

27 - En tout ton coeur. 
[de tout ton coeur]
Cette citation de la Torah tient compte non de la Septante, que Luc n’a pas comme Marc (12,30) suivie ici,  mais du texte hébreu (Dt 4,6); l’amour de Dieu se vit dans l’être et non à l’extérieur de lui; le dialogue intérieur jouit d’un accent particulier dans le codex Bezæ (1,29, 5,21). Dans le même ordre d’idée, Luc a choisi le mot force, plutôt que celui de puissance.

*[et dans toute ta réflexion]
Cet apport du légiste à la réflexion sur le commandement d’aimer Dieu et son prochain, fut un ajout emprunté à Mt 22,37 , qui le tenant de Jos 22,5, insistait sur la réflexion et la compréhension, notamment dans la parabole du Semeur.

31 - Par chance, 
Un hapax du N.T.; la chance peut être bonne ou mauvaise selon ce que chacun sait concrétiser à travers des événements imprévus et fortuits. Par chance passèrent un prêtre et un Lévite, dont on pouvait attendre qu'ils soignent l'homme blessé, vu l'exercice de leur sacerdoce au temple comprenant l'examen des maladies.

38 - Dans sa maison.
Marthe  maîtresse de maison, avait invité Jésus au sein de sa maisonnée, de sa famille., car oikos représente la maison  en tant que famille ou tribu issue d’une même descendance, avec l’habitation permettant à cette famille de se constiuer comme telle;  oikia par contre indique la maison dans ses murs indépendamment des personnes qui y vivent; c’est  la demeure. Luc respectait les nuances du grec classique.

39 - Marie qui s’étant assise auprès des pieds du Seigneur, écoutait la Parole.
[Marie qui assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ].
Le participe à la voie moyenne et non passive, met l'accent sur l'initiative prise par Marie; d'elle-même elle était venue s'asseoir près de Jésus dont la parole, subtilement se trouvait identifiée à “la Parole” c’est-à dire la parole de Dieu.
En choisissant “la bonne part”, Marie faisait choix en Jésus du Seigneur lui-même; ce récit a pour assise le Psaume 16, notamment le v. 5: “ma part d’héritage; c’est Toi!.”
    Ces nuances toutes en finesse ont été effacées dans les autres manuscrits.

L'écoute de la Parole valorisait la femme (cf Lc 2,19 et51), notamment au tombeau, où Marie Madeleine et ses compagnes, à la parole des deux hommes en vêtement d'éclair, surent se rappeler l'engagement pris par Jésus de se lever après sa mort, et accueillir ainsi sa
Résurrection. Parallèleemnt Luc insistait sur l'incompréhension des Apôtres aux annonces de la Passion et de la Résurection (Lc 9,45 ; 18,34; 22,60-62;24,11).
L'évangéliste Jean n'avait pas craint de renverser les faits en peignant la  situation inverse: Marie Madeleine  plongée dans l'émotion et les sentiments n'était pas en mesure de réfléchir sur l'évènement; par contre le disciple bien-aimé  se mettait à croire en voyant le tombeau vide et en faisant mémoire des paroles de l'Ecriture (Jn 20,8-9).

40 - Parle-lui donc afin qu'elle partage avec moi.
Avec son préfixe le verbe signifie littéralement prendre en échange . Marie était reçue chez sa soeur qui en échange attendait qu’elle participe au service. Marthe, une maîtresse de maison accomplie, ne demandait pas qu’elle “vienne à  son secours” selon le sens conféré partout ailleurs avec l’ajout d'un deuxième préfixe.

41 Marthe, Marthe, tu te troubles!
[Marthe, Marthe, tu te soucies et tu te troubles pour beaucoup; or il n'est besoin que d'une chose].
Mieux qu'une longue phrase, l' hapax tu te troubles, attire l'attention sur les sentiments de Marthe, plus perturbée par la nouveauté de l'attitude de Marie, que par les besoins même du service. Marie aux pieds du Seigneur déclanchait une sorte de révolution de société. Ce n'était plus un homme qui s'indignait (cf Lc 7,39) mais une autre femme. Elle était troublée, ayant le coeur partagé.
Il n'est besoin que d'une chose: Cette expression, rare dans la Septante apparaît au v 2 du Psaume 16 (justement évoqué à la note précédente à propos de Marie): "Je dis au Seigneur: Tu es mon Maître, parce que tu n'as pas besoin de mes biens" ce qui est sensé traduire l'hébreu : " Tu ( le pronom est au féminin) dis au Seigneur : Tu es mon maître, mon bonheur c'est toi." Les mots prêtés à Jésus "il n'est besoin que d'une chose" semblent renchérir sur le Psaume 16 dans sa version grecque. Ils ne sont pas dans le codex de Bèze et apparaissent comme un ajout postérieur. Néanmoins ils sont à considérer de près car ils tendent à appuyer le fait que le Psaume 16 a servi dans la trame de ce récit. "Tu dis au Seigneur " est rarement du genre féminin dans la Bible; en relation avec Marie ces mots reçoivent un impact particulier.


42 Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera pas enlevée
[en effet Marie a choisi la bonne part; quelle qu'elle soit elle ne lui sera pas enlevée]
 Marie en choisissant la "bonne part", faisait choix en Jésus du Seigneur lui-même (cf notes précédentes); ce récit a en effet pour assise le Psaume 16, notamment le v. 5: "ma part d'héritage; c'est Toi!". C'est elle, en tant que femme, qui faisait choix de son seigneur; les Douze Apôtres avaient été choisis par Jésus ; dans les deux cas le verbe de l'élection. 
Le relatif simple ἧ  représente la bonne part, qui n'est autre que le Christ lui même . Son remplacement par le relatif indéfini  qui signifie quiconque, quel qu'il soit , ne permet plus cette identification.